Actualités

Temps de lecture : 3 min 48 s

Présent dans la région depuis 1998

Les Petits Frères de Saguenay : un organisme qui lutte contre l’isolement social des aînés

Charles-Antoine Desmeules
Le 05 février 2026 — Modifié à 14 h 20 min
Par Charles-Antoine Desmeules - Journaliste

Selon l’Institut de la statistique du Québec, le Saguenay–Lac-Saint-Jean pourrait devenir, d’ici 2051, l’une des cinq régions de la province où la population sera la plus vieillissante, les citoyens âgés de 65 ans et plus représentant environ le tiers des personnes vivant sur le territoire. Une projection qui confère une importance accrue à la mission d’organismes tels que Les Petits Frères du Saguenay, qui tentent tant bien que mal de lutter contre l’isolement social chez les aînés. 

Fondé il y a plus de 60 ans, Les Petits Frères est un organisme sans but lucratif qui, grâce à l’implication de bénévoles, va à la rencontre de personnes aînées qui ne peuvent désormais compter que sur elles-mêmes. 

Des services pour tous 

Pour ce faire, l’organisation a recours à une variété d’approches adaptées aux capacités et aux besoins des bénéficiaires. Peu importe sa condition physique, mentale ou financière, une personne aux prises avec la solitude ne sera victime d’aucune discrimination chez Les Petits Frères du Saguenay et aura la chance de recevoir la visite d’un bénévole. 

Des activités de groupe sont également proposées lors de fêtes importantes, comme le 24 décembre et Pâques, afin de favoriser un plus grand sentiment d’appartenance et de communauté chez les personnes qui en ont besoin. 

Trycia Bélanger est la coordonnatrice régionale pour Les Petits Frères du Saguenay et s’assure du bon développement des opérations. Depuis son entrée en poste, Mme Bélanger a pu constater l’ampleur du travail à accomplir ainsi que les bénéfices des efforts de l’équipe. 

« Ce qui me motive le plus chaque jour, c’est de voir à quel point on fait une différence, même à travers de petites choses. La seule visite qu’on va faire ou une activité comme Noël, pour eux, c’est comme si tu gagnais le million de dollars. Ils sont toujours extrêmement reconnaissants. » 

Évoluer auprès de personnes qui consacrent leur temps entièrement à titre volontaire est également pour elle une expérience enrichissante. 

« Il se crée un mouvement de fraternité, un sentiment d’appartenance, je n’ai jamais vu ça dans aucun autre organisme, même au niveau gouvernemental », ajoute-t-elle. 

Donner et recevoir 

Simon Tremblay et Luc Deschênes sont jumelés depuis près de deux ans au sein des Petits Frères. 

Technicien en travail social de formation, M. Tremblay a découvert Les Petits Frères du Saguenay pendant ses études collégiales, une expérience qui a marqué ses débuts dans le bénévolat. 

C’est maintenant sans une once d’hésitation que M. Tremblay recommanderait à quiconque de s’impliquer. Ce type de rencontre est, selon lui, bénéfique pour les deux parties. 

« Je recommande à n’importe qui de s’impliquer : les besoins sont présents, et ça peut combler les nôtres aussi, c’est donnant-donnant. Pour moi, ça permet parfois d’aborder des choses que je ne ferais pas avec mes amis, même si je le voudrais parfois. […] C’est enrichissant de côtoyer M. Luc. On a des discussions intéressantes, il est ouvert, il raconte beaucoup de choses, et je n’ai pas l’impression d’être avec une personne âgée. Il est encore jeune à l’intérieur. » 

De son côté, M. Deschênes affirme avoir vécu plusieurs moments éprouvants au cours de sa vie, ce qui l’a mené directement ou indirectement à un quotidien sans famille ni proches. Bien qu’il soit en paix avec cette réalité, les visites de M. Tremblay représentent pour lui un certain baume sur le cœur. 

« Sa présence quand il vient me rendre visite est plaisante et ça m’apporte beaucoup. Il me prend comme je suis et on discute. Je suis heureux de l’avoir dans mon entourage. […] Quand on me demande ce qui me ferait plaisir, je réponds : écris-moi sur l’ordinateur, viens faire des visites et jaser, c’est tout. Je ne veux pas de cadeau ou quoi que ce soit, la présence vaut tout. » 

Aux prises avec des problèmes de santé, M. Deschênes ne peut se déplacer pour participer aux fêtes de groupe. L’organisation trouve alors d’autres moyens de lui faire parvenir ses marques de considération. 

« Ce sont plein de petites attentions qui font du bien. Tu reçois toujours une carte de Noël, une carte de Pâques, ils n’oublient pas ton anniversaire, ils pensent à toi quand même. Ça fait plaisir de le savoir, ça meuble la vie », conclut-il. 

Une demande grandissante 

Présentement, près de 80 bénévoles sont sous la responsabilité de la coordonnatrice régionale. Bien que Les Petits Frères du Saguenay souhaitent venir en aide au plus grand nombre, ils manquent toutefois de ressources pour répondre à tous les besoins, indique M. Bélanger. 

« La réalité est malheureusement différente des Petits Frères au Saguenay comparée aux grandes villes. Ils ont plus de gens, une plus grande possibilité de coordination, et moi je suis seule pour l’ensemble de notre territoire et de ses besoins. Je ne sais pas ce que ça va donner, mais on a effectivement de la difficulté à répondre à la demande. » 

Au Québec 30% des personnes âgées de 65 ans et plus sont à risque de souffrir d’isolement. En décembre dernier, Mme Fortin recevait presque quotidiennement des appels téléphoniques et se voyait dans l’obligation de refuser certaines demandes. 

« Je peux également recevoir des appels de détresse de gens moins isolés, qui, même s’ils sont visités quelques fois par une fille ou un neveu, pleurent au téléphone et demandent des services parce qu’ils se sentent seuls. Malheureusement, comme dans chaque organisme, il faut établir un barème, et nous manquons de personnel. » 

Le besoin est particulièrement important au Lac‑Saint-Jean, où une liste d’attente a été mise en place pour accéder aux services de l’organisme. 

Pour devenir bénévole, faire un don ou référer une personne aînée, il est possible de le faire sur petitfreres.ca. 

Abonnez-vous à nos infolettres

CONSULTEZ NOS ARCHIVES