En pleine campagne pour l’élection partielle dans la circonscription de Chicoutimi, la crise du logement et l’accès à des ressources pour les femmes victimes de violence conjugale se sont imposées au cœur des débats durant la fin de semaine, alors que Québec solidaire (QS) et le Parti Québécois (PQ) ont présenté, chacun, leurs engagements pour répondre à l’urgence.
La porte-parole de Québec solidaire, Ruba Ghazal, accompagnée de la candidate dans Chicoutimi, Jeanne Palardy, a dévoilé samedi une première promesse électorale, soit la création d’un programme spécifique pour la construction de maisons d’hébergement destinées aux femmes victimes de violence conjugale.
« Les hébergements d’urgence sauvent des vies en permettant à des femmes et à leurs enfants d’échapper à des situations potentiellement dangereuses pour elles. Mais une fois la première étape passée, on doit leur donner le temps et les ressources pour se reconstruire. », a lancé Ruba Ghazal, lors du lancement de la campagne de Québec solidaire à Chicoutimi.
La formation de gauche souligne l’effet combiné de la pénurie de logements et de la flambée des loyers à Chicoutimi, notamment des 4 ½, qui rend extrêmement difficile l’accès à un logement sécuritaire pour les femmes quittant un milieu violent.
« Comment voulez-vous que les femmes qui ont fui la violence conjugale soient capables de se trouver un logement? », a-t-elle ajouté.
Sur le terrain, Jeanne Palardy affirme constater une situation critique. Chicoutimi ne compte aucune maison de deuxième étape permettant un hébergement à plus long terme.
« Résultat : on doit refuser des femmes qui font appel aux refuges d’urgence par manque de place. En janvier 2025, on a refusé 6 femmes parce qu’on manquait de places dans le centre d’hébergement où je travaille. Cette année, on en a déjà refusé 18. C’est trois fois plus que l’année passée. Je refuse d’accepter ça. », a renchéri Jeanne Palardy.
Le programme proposé par QS reposerait sur un financement récurrent de 57M$ sur trois ans, réparti équitablement entre les régions. Le parti insiste également pour garantir des places réservées aux femmes autochtones, dont les besoins sont particulièrement criants dans plusieurs communautés.
Relancer la construction de logements sociaux
Le même jour, la candidate du PQ dans Chicoutimi, Marie-Karlynn Laflamme, a présenté, elle aussi, les priorités de sa formation en matière d’habitation. Cette dernière désire s’attaquer à la fois à la crise du logement et à la montée de l’itinérance à Chicoutimi en facilitant l’accès à la propriété.
« Le Québec fait face à plusieurs crises en habitation : itinérance, augmentation incontrôlée de la population, pénurie de logements et crise intergénérationnelle d'accès à la propriété. Le Parti Québécois a toujours été clair sur le fait qu'il fallait agir sur les deux plans, l'offre et la demande », a déclaré la candidate péquiste.
En outre, le PQ propose de lancer un grand chantier de construction de logements sociaux et hors marché sur une période de cinq ans, de relancer le programme AccèsLogis, d’alléger le fardeau administratif des développeurs et entrepreneurs en construction et de doubler les crédits d'impôt admissibles en plus de diminuer les taxes à l'achat d'une première propriété.
À Saguenay, le taux d’inoccupation des logements est tombé à 1,3 %, loin du taux d’équilibre de 3 %. Le PQ attribue cette situation à l’arrivée de la Coalition Avenir Québec (CAQ) au pouvoir, alors que le loyer moyen atteint désormais 941 $.
« La CAQ a laissé la situation se dégrader alors que tous les indicateurs étaient au rouge. La crise du logement atteint toutes les régions du Québec et le Saguenay n'est pas épargné. », a affirmé Marie-Karlynn Laflamme.