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Temps de lecture : 1 min 19 s

Réponse stratégique aux tarifs américains

Rio Tinto vend davantage d’aluminium en Europe

Roger Lemay
Le 08 août 2025 — Modifié à 12 h 38 min
Par Roger Lemay - Rédacteur en chef

Rio Tinto a sensiblement réorienté une partie de ses ventes d’aluminium vers le marché européen, une manœuvre directe inspirée par les droits de douane imposés par les États-Unis. Depuis l’entrée en vigueur de tarifs de 50 % sur l’acier et l’aluminium canadiens en juin, le géant minier a confirmé à Radio-Canada une hausse de ses exportations en Europe, sans toutefois en chiffrer l’ampleur exacte.

Malgré le flou autour des volumes réellement acheminés, l’impact financier des mesures protectionnistes américaines est déjà tangible : Rio Tinto déplore une facture supérieure à 400 millions de dollars US liée à ces surtaxes et préfère jouer la discrétion sur ses résultats outre-Atlantique. L’alternative européenne, plus coûteuse en transport, se révèle néanmoins séduisante pour ses opérateurs, séduits par la stabilité réglementaire et la réputation environnementale des produits canadiens.

Pas une surprise

Pour Marc-Antoine Dumont, économiste principal chez Desjardins, le choix de l’Europe ne souffre d’aucune surprise : l’Ancien Continent offre un appétit constant pour l’aluminium nord-américain et accepte de payer une prime en échange d’une garantie de fiabilité et de faible empreinte carbone. À ses yeux, la région constitue une échappatoire légitime aux incertitudes du marché américain, tout en valorisant la qualité reconnue du métal québécois.

Plus qu’une simple réponse commerciale, ce basculement vers l’Europe revêt également une dimension politique. Marc-Urbain Proulx, professeur d’économie régionale à l’UQAC, considère que l’augmentation de la prime européenne sert de levier : elle vise à faire pression sur Washington en soulignant la compétitivité des producteurs canadiens sur un marché prêt à rémunérer davantage la durabilité et la traçabilité des approvisionnements.

En perspective, la montée de ces tensions tarifaires pourrait encore redessiner la carte des échanges mondiaux de l’aluminium, alors que d’autres régions, comme l’Asie, restent difficiles à percer en raison de la concurrence chinoise et des coûts logistiques. Les prochaines annonces européennes sur les contentieux climatiques et douaniers pèseront sans doute lourd dans la stratégie des grands acteurs miniers.

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