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Arvida à la conquête de l’UNESCO

Le 14 août 2023 — Modifié à 07 h 31 min
Par Louis Potvin - Rédacteur en chef

Il ne manque au secteur patrimonial d’Arvida qu’une seule reconnaissance pour pouvoir se comparer aux grands sites historiques du pays, comme le Vieux-Québec. Ce dernier fait désormais partie intégrante et reconnue du patrimoine mondial grâce à sa nomination à l’UNESCO ce qui manque encore à ce jour à la ville industrielle planifiée d’Arvida.

Selon Lucie K. Morisset, titulaire de la chaire de recherche du Canada en patrimoine urbain à l’Université du Québec à Montréal, Arvida n’a absolument rien à envier au Vieux-Québec en termes de valeur patrimoniale.

« Cette ville de compagnie a un urbanisme qui est comme une œuvre d’art qui n’a d’ailleurs aucun égal à l’échelle planétaire», souligne-t-elle.

« Le secteur Arvida est cité partout dans le monde, c’est unique. C’est l’exemple clé d’une œuvre d’urbanisme, d’une ville industrielle et d’un patrimoine qui est préservé par ses citoyens. »

Cette dernière soutient que la candidature d’Arvida est solide, mais que le processus d’application au Canada pour l’UNESCO est particulièrement long et complexe.

« Le processus est long, complexe et peut être très politique. Arvida dépend du gouvernement du Canada pour déposer sa candidature à l’UNESCO. Il y a aussi un aspect politique. Le Canada peut préférer déposer la candidature d’un site archéologique quelconque dont personne ne pourra s’offusquer », indique Lucie K. Morisset.

Cette dernière trouve d’ailleurs illogique que le fédéral ait la liberté de déterminer de ce qui est du patrimoine québécois et de ce qui ne l’est pas, au niveau mondial. Elle cite d’ailleurs au passage la situation de la Catalogne qui ne dépend pas de l’Espagne pour décider de son patrimoine.

Elle soutient néanmoins que malgré les innombrables obstacles à la candidature d’Arvida à l’UNESCO, ce n’est qu’une question de temps avant que le site n’y soit officiellement reconnu.

« C’est un consensus mondial, c’est un site unique au monde. Un moment donné ils n’auront juste pas le choix de l’inclure, parce que c’est eux qui vont avoir l’air fou. Le comité du patrimoine mondial attend Arvida. La lourdeur bureaucratique rend le tout complexe, mais un moment donné les experts sont tous d’accord, c’est inévitable », martèle la chercheuse.

Un musée est nécessaire

La création d’un musée sera définitivement nécessaire pour mousser le dossier d’Arvida à l’UNESCO. Tous les sites nommés au patrimoine mondial en possèdent d’ailleurs un.

« Il est impératif d’avoir un musée pour trois principales raisons. Il faut conserver des artéfacts, accueillir des visiteurs et permettre aux citoyens de partager donc être une interface entre les citoyens et le monde. Il faut d’abord le faire pour le monde d’ici, pour la sauvegarde du patrimoine, ensuite on le fait pour les touristes», souligne Lucie K. Morisset.

Présentement, le Centre d’histoire Arvida fait un très bon travail dans l’interprétation de l’histoire arvidienne, mais à terme, l’objectif est d’avoir trois sites muséaux sur le territoire avec trois différentes vocations.

« Le Centre d’histoire Arvida est une petite marche dans notre vision globale. Il a été créé en 2018, et c’était important d’avoir un endroit comme ça rapidement, mais il en manque. On veut faire plusieurs centres un peu partout sur le territoire avec des fonctions différentes », mentionne Marianne Salesse-Côté, directrice par intérim du Centre d’interprétation d’Arvida.

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