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Retrait de Michel Tremblay du comité exécutif : Julie Dufour qualifie ses comportements d’inacceptables

Jean-François Desbiens
Le 06 juin 2023 — Modifié à 18 h 05 min le 06 juin 2023
Par Jean-François Desbiens - Journaliste

L’affaire du conseiller municipal Michel Tremblay éjecté du comité exécutif de Saguenay pour des gestes qu’il aurait commis alors qu’il occupait un poste décisionnel au sein de la Société de transport du Saguenay (STS) a mis en lumière la division du conseil ce midi à Jonquière.

Et pour la première fois, la mairesse Julie Dufour a justifié sa décision en indiquant qu’elle ne lui faisait plus confiance, après les révélations faites devant le Tribunal administratif du travail qui entend la cause de l’ex-directeur de la STS Jean-Luc Roberge. Ce dernier conteste son congédiement et des échanges entre lui et le conseiller Tremblay en novembre 2021 ont été dévoilés.

Michel Tremblay a participé à un processus d’embauche de l’un de ses amis, un ancien collègue chez Postes Canada, au sein de la STS. Il a aussi demandé que des autobus de la STS circulent avec ses annonces électorales dans son district durant la campagne électorale et son fils a été embauché à la STS comme mécanicien.

Julie Dufour a qualifié ces comportements d’inacceptables et a nommé ce matin Jacques Cleary pour le remplacer au comité exécutif.

« Ça ne se faisait pas. Pour moi, c’est une perte de confiance totale parce que c’est une question d’éthique. On parle de communication directe, de campagne électorale et d’embauche. Il faut comprendre le rôle de conseiller municipal en 2023. Ce n’est pas mettre son chapeau pour aller réparer un nid-de-poule pour Mme Tremblay sur la rue Frontenac. Ce n’est pas un conseiller municipal de Duplessis qui répare les nids-de-poule de son chum. C’est probablement une des assemblées générales les plus plattes qu’on a eues. Le plaisir n’est plus là et la confiance est ébranlée. »

Un peu plus tôt, le conseiller Jean-Marc Crevier s’était porté à la défense de son collègue.

« Je trouve qu’on a agi trop rapidement. On se comporte, et je m’exclus, comme s’il était un bandit, alors qu’il est présumé innocent tant qu’il n’est pas reconnu coupable. C’est des grenailles, c’est plus que rien. Je n’admets pas qu’on le sorte de l’exécutif et de la STS. C’est le procès de Jean-Luc Roberge et là, on est en train de faire celui de Michel Tremblay. Il n’a rien à voir là-dedans. Je peux juste lui dire que je vais t’appuyer et continuer de t’appuyer. Ça fait des années que je te vois travailler et donner des heures. »

Le conseiller Jacques Cleary a aussi appelé ses collègues d'attendre les explications du principal intéressé avant de le juger. Lui aussi l’a décrit comme un conseiller très dévoué.

« Ça fait 6 ans que je travaille avec Michel et je peux dire que c’est un conseiller extraordinaire. Il s’occupe de ses dossiers et il va voir ses citoyens. C’est une machine. Je pense qu’avant de juger, on devrait attendre. Il faudra écouter ce que Michel dira et vous aller comprendre bien es choses. Moi je l’ai compris, le conseil d’arrondissement également. Ce n’est pas agréable ce qui se passe. »

De son côté, le conseiller Kevin Armstrong s’en est pris à Jean-Marc Crevier.

« Vous insinuez que j’ai influencé une vérificatrice générale politiquement. Je vais être très honnête avec vous : vous êtes sur quelle planète? Vous insinuez des choses graves. La quote-part de la STS ne cesse d’augmenter. Je ne sais pas qui vous défendez. C’est incroyable. Assumez vos gestes et mettez la ville au cœur de ce que vous faites. N’en déplaise à certains, je pense que je suis payé par des citoyens pour administrer leur argent. Poser des questions, ça fait partie de la job. On n’a jamais eu de réponses claires à la STS aux questions qu’on a posées. On a voté unanimement, Monsieur Crevier, pour nommer une vérificatrice générale. On est au Québec ici, pas une république de banane. »

Michel Tremblay était présent lors de la réunion, mais n’a fait aucun commentaire.

 

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