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Les danseuses toujours populaires : jusqu’à 180 visiteurs certains soirs au Cabaret JR

Jean-François Desbiens
Le 18 février 2023 — Modifié à 08 h 50 min
Par Jean-François Desbiens - Journaliste

La popularité pour les spectacles de danseuses ne semble pas s’estomper. Le Cabaret JR a d’ailleurs retrouvé sa clientèle d’avant la pandémie. « Surtout quand on a de très belles filles », mentionne le propriétaire Serge Gilbert. Le nombre de visiteurs peut atteindre 180 personnes certains soirs selon l’homme d’affaires.

Cette clientèle, composée majoritairement d’hommes, provient de la région, mais aussi souvent de l’extérieur. C’est notamment le cas à son avis de plusieurs motoneigistes. Avisés par des chauffeurs de taxi qu’un établissement de Jonquière offre des spectacles d’effeuilleuses, ils décident d’en profiter avant de retourner dormir dans un hôtel de Saguenay.

Depuis que les restrictions sanitaires ont été levées, Serge Gilbert dit qu’il fait de bonnes affaires.

« La clientèle est revenue. Le problème, ce n’était pas la clientèle, c’était de ramener les filles ici. J’ai travaillé fort pour y arriver. Les filles avaient dû se réinventer et faire d’autres choses durant la pandémie. Certaines ont lâché le métier, sont retournées à l’école ou dans la restauration. Il fallait les convaincre de revenir, mais il n’y a pas que moi qui ai un bar de danseuses. Québec, Montréal et Toronto aussi. On se chicanait pour les avoir. C’était compliqué. »

Résultat : plutôt que passer surtout par des agences comme auparavant, ces « filles » comme il les appelle, l’appellent maintenant directement pour offrir leurs services.

De 10 à 12 jeunes femmes viennent ainsi de Montréal ou de l’Ontario au JR chaque semaine ou aux deux semaines. Le propriétaire du cabaret affirme qu’il n’accepte cependant pas les plus jeunes.

Père de famille

« Des filles de 18 ans ou 19 ans, je n’aime pas ça. Je suis un père de famille et quand c’est trop jeune, ça me fatigue. Il y en a une super jolie de 18 ans qui m’avait appelée, mais je lui ai dit de faire autre chose, de retourner à l’école ou d’y penser avant de faire ça. Je tolère 21 ans et plus. Mais encore là, je pose des questions. »

Serge Gilbert ajoute que plusieurs de ces danseuses touchent de bons montants d’argent pour se dévêtir, afin d’attirer ensuite des clients à aller plus loin dans des cabines privées.

« Si elle travaille bien, c’est payant. Jusqu’à 5 000 ou 6 000 $. Elles n’ont pas de salaire de base et sont des travailleuses autonomes. Et après la fermeture du bar à 3 heures, si elles veulent, elles peuvent aller ailleurs pour s’amuser avec des clients. Elles ont le droit. »

Et si selon plusieurs cette utilisation du corps féminin est à proscrire ou constitue une forme de prostitution, ce n’est pas l’avis du propriétaire de l’établissement.

« Elles donnent un service. Ce n’est pas pire que ce qui se passe parfois sur les sites de rencontres. La fille ne force pas le gars ni l’inverse. C’est un échange mutuel, dans le respect. Ils se parlent et ce sont des adultes consentants. Ces filles-là se protègent en plus. Elles font attention et ne veulent pas se mettre en danger. Ce sont des professionnelles. »

Baisser la pression

Serge Gilbert va plus loin : il estime offrir un service presque essentiel à la société, un exutoire à bien des frustrations.

« Ça baisse la pression. Après avoir travaillé 40 heures et rencontré bien des problèmes, un gars célibataire, ou pas, a le droit de vouloir rencontrer des femmes sans s’attacher. Il faut respecter ces individus. Certains vont juste regarder, sans aller dans les cabines. Ils profitent du spectacle. Les filles embarquent sur le poteau, donnent un bon show, dansent bien et ont de beaux corps. Avec les jeux de lumière et la musique, l’ambiance est bonne et les clients décompressent. »

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