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De sans-abri à hommes d’affaires

Jean-François Desbiens
Le 20 novembre 2022 — Modifié à 10 h 09 min le 20 novembre 2022
Par Jean-François Desbiens - Journaliste

Le Jonquiérois Frédéric Simard a vécu dans la rue durant près d’un an à Montréal, bien avant de se lancer en affaires avec Cidre Joli Rouge. Il en témoigne pour lancer un message d’espoir, qu’il y a toujours de la lumière au bout du tunnel.

L’homme d’affaires ouvrira aussi bientôt une nouvelle microbrasserie à Saguenay, signe qu’avec de la volonté, il est possible de bâtir aujourd’hui des entreprises.

Le cheminement a été long selon Frédéric Simard, qui se souvient encore très bien de cette année très difficile.

« Je sais ce que c’est dormir dehors. Ce n’est vraiment pas agréable. Tu veux sortir de milieu là. C’est dur physiquement et c’est violent. Tu en viens à avoir peur pour ta vie. Pour ta santé. Tu vois des gens maganés aussi. »

Fred, comme on l’appelle souvent, avait une vingtaine d’années à cette époque.

« C’est un peu le milieu de la drogue qui m’a amené là. J’ai toujours été quelqu’un de curieux qui voulait tout savoir. Un moment donné, je me suis retrouvé dans un tourbillon sans fin dans cet univers. Je me suis retrouvé au centre-ville sans rien, sauf mes vêtements. J’étais pris là-dedans. »

Un tourbillon trop fort

À un certain moment, le tourbillon a tourné beaucoup trop fort selon ses propres mots.

« Je me suis dit : est-ce que je désire continuer ma vie comme ça? Un an ou deux ans de plus? C’est le questionnement que j’ai eu dans des moments lucides. Et parce que je suis quelqu’un de très débrouillard, j’ai pu moi-même aller chercher des ressources pour me sortir de la rue. Mais ce n’est pas le cas pour tout le monde. Il y a des gens pour qui c’est difficile d’aller chercher de l’aide. Et cette aide, elle n’est pas à portée de tous non plus. C’est ça qui manque beaucoup actuellement. »

Frédéric Simard ajoute que ce qu’il a vécu lui a aussi permis d’apprendre des choses.

« Peu importe l’étape où on est rendu, il y a toujours quelque chose à apprendre. J’ai compris des choses, surtout au niveau du respect des gens, peu importe leur situation sociale. Ça m’a frappé. Ça me marque encore aujourd’hui. »

Deuxième commerce

L’homme d’affaires de 46 ans, qui est aussi papa de deux petites filles, prépare aujourd’hui l’ouverture de son deuxième commerce. La brasserie artisanale Anormalt devrait ouvrir ses portes avant les fêtes sur la rue du Havre, tout près du centre-ville de Chicoutimi.

Quatre bières seront d’abord proposées et la brasserie sera la seule dans la région à détenir un équipement pour en produire, soit un baril de chêne d’une capacité de 2260 litres.

« Ça fait un an qu’on travaille sur ce projet et on a hâte qu’il vienne au monde. On fera de la production et il y aura un salon de dégustation. Les gens vont pouvoir goûter nos produits avant l’achat. Il y aura aussi des frigidaires pour se garnir de bonnes bières. »

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