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Itinérance : un premier recensement vraiment régional

Jean-François Desbiens
Le 20 novembre 2022 — Modifié à 08 h 38 min le 20 novembre 2022
Par Jean-François Desbiens - Journaliste

Itinérance : un premier recensement vraiment régional

Pour la première fois, un recensement des personnes en situation d'itinérance du Saguenay au Lac-Saint-Jean a été effectué. Et leur nombre serait en hausse.

Des organismes communautaires et des travailleurs de rue, en collaboration avec la direction régionale de la Santé, ont participé à l’opération qui s’est déroulée du 11 au 18 octobre dernier.

Le précédent dénombrement des sans-abris avait été effectué uniquement à Saguenay et remontait à 2018. On en comptait alors 134.

Cette fois, des intervenants sont non seulement aller à leur rencontre dans la rue et les maisons d’hébergement à Saguenay, mais aussi à Alma, Roberval, Dolbeau-Mistassini et Mashteuiatsh.

La responsable au CIUSSS Saguenay-Lac-Saint-Jean, la coordonnatrice clinique de l'itinérance, Marie-Pier Tremblay, admet déjà qu’elle s’attend à une hausse du phénomène, sans en connaître encore l’ampleur.

Phénomène répandu

Et elle confirme que l’itinérance s’est répandue dans toute la région.

« Notre clientèle est vraiment en mouvance. Ce sont des gens qui bougent beaucoup. Ils passent des fois une semaine à Saguenay, puis on se rend compte qu’ils sont dans une ressource à Roberval. »

La pandémie a joué un rôle important à son avis.

« Avant, beaucoup de familles pouvaient garder leur petit-fils, leur neveu ou ami en le faisant dormir sur le divan. Mais avec la pandémie, on ne pouvait plus faire ça. C’est sûr que ç’a envoyé des gens dans la rue. Il y a aussi le manque de logement et leur prix élevé. L’accessibilité au logement est plus difficile et les montants d’aide sociale n’ont pas augmenté non plus. Je pense que ce sont des facteurs importants qui ont contribué à en voir davantage. »

Au-delà des chiffres cependant, ce travail permettra selon elle d’avoir un meilleur portrait de la situation.

« Le nombre, ce n’est pas ce qu’il y a de plus important, souligne Mme Tremblay. Le plus important, c’est d’avoir un profil de ces personnes, de savoir quels sont leurs besoins pour être capable par la suite d’améliorer ou de créer des services pour mieux répondre à leurs besoins. On s’est collés à la réalité qu’ils vivent sur le terrain, afin de mieux répondre aux besoins. »

Sillonner les rues

Le 11 octobre, les équipes de travailleurs de rue ont donc sillonné les rues où elles étaient susceptibles de rencontrer des personnes en situation d’itinérance pour les interroger. Par la suite, les organismes communautaires qui offrent de l’hébergement aux sans-abris ont posé des questions à leur clientèle.

La première visait à confirmer que la personne n’avait pas d’endroit stable et sécuritaire pour dormir. Les autres ont permis d’en savoir plus.

« On leur a demandé depuis combien de temps ils étaient dans la rue. Qu’est-ce qui a causé la perte de votre logement? Avez-vous des problèmes de santé physique? Est-ce que la pandémie a influencé la perte de votre logement? Avez-vous déjà été membre des forces armées canadiennes, un vétéran? On a plusieurs personnes avec des stress post-traumatiques ou autres. Est-ce qu’ils ont déjà été pris en charge par la DPJ? »

Les résultats complets du dénombrement de l'itinérance devraient être rendus publics par la Direction nationale de la santé publique au début 2023.

 

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