Mercredi, 28 février 2024

Actualités

Temps de lecture : 2 min 0 s

Un calvaire, mais pas pour tout le monde

Yohann Harvey Simard
Le 16 février 2022 — Modifié à 16 h 15 min le 16 février 2022
Par Yohann Harvey Simard - Journaliste de l'Initiative de journalisme local

Un calvaire, mais pas pour tout le monde

Il semble que la pénurie de main-d’œuvre n’affecte pas aussi violemment toutes les fromageries de la région. C’est ce dont témoigne les situations contrastantes de la Fromagerie Saint-Laurent, à Saint-Bruno, et de la Fromagerie Boivin, à Saguenay.

C’est un portrait très peu réjouissant auquel on assite du côté de la Fromagerie Boivin, frappée de plein fouet par le manque de main-d’œuvre.

« C’est l’enfer… C’est un double impact qu’on a en raison de la pandémie et le vieillissement de la population », laisse entendre Luc Boivin, directeur de l’entreprise.

D’une part, il explique que la baisse de la population active a naturellement entrainé une raréfaction de la main-d’œuvre au cours des dernières années, si bien que l’embauche de travailleurs étrangers est devenue incontournable.

Or, dit-il, « le problème des régions, c’est que pendant plusieurs années, on n’a pas été une terre d’accueil fertile pour les immigrants, de sorte que ce n’est vraiment pas facile d’en recruter. »

D’autre part, Luc Boivin affirme que la pandémie a rendu le recrutement particulièrement difficile dans le secteur agroalimentaire.

« Nos emplois sont des emplois assez physiques, alors par rapport à d’autres industries, on est tout sauf attrayant en période de pandémie. En plus, le début de la pandémie a été dur et on a écœuré nos bons employés. »

Dans ce contexte, la production de certains produits, tels que le fromage fondu et les tortillons, a dû être temporairement interrompue.

« Même si moi et tous les cadres de l’entreprise sommes retournés travailler sur la production, on n’est pas capables de répondre à la demande. »

Augmentation salariale

Afin d’accroître son attractivité et sa rétention, la Fromagerie Boivin vient tout juste de signer une nouvelle convention collective qui comporte une augmentation salariale de 10% pour la première année.

Le salaire des employés œuvrant à la production passera ainsi de 20,45$ à 22,54$ de l’heure.

La nouvelle entente prévoit des hausses salariales de 3,5 % pour les deux années suivantes, et de 3 % pour les deux dernières années du contrat de travail.

Fromagerie Saint-Laurent

Chose plutôt rare ces derniers temps, ce sont à l’inverse 100% des postes de la Fromagerie Saint-Laurent qui sont actuellement comblés, affirme le directeur de l’entreprise, Dave Saint-Laurent.

« Ça va très bien, dit-il. On essaie de donner de bonnes conditions aux employés qui sont déjà ici pour les garder, mais aussi pour se rendre attractif. Disons que pour nous, l’indice de bonheur au travail est très important. »

Toutefois, si la fromagerie parvient à maintenir la cadence, c’est également car elle a misé sur l’autonomisation d’une partie de sa chaîne de production.

« Ce qu’on réussit à transformer ici, la compétition le fait avec le double du personnel. On investit massivement à chaque année pour avoir une usine ultra performante. Alors on produit plus, sans avoir nécessairement besoin de plus de gens. »

Se faisant, cela contribue également à la rétention des employés actuels, ajoute Dave Saint-Laurent, expliquant que l’autonomisation a permis « de remplacer toutes les tâches pénibles. »

100% des postes sont comblés à la Fromagerie Saint-Laurent.

 

Abonnez-vous à nos infolettres

CONSULTEZ NOS ARCHIVES