La Corporation des camionneurs en vrac de la région 02 tire la sonnette d’alarme concernant le début de la saison de travail dans le transport de matières en vrac.
L’organisme, qui représente 313 camionneurs artisans, dont plusieurs travaillent dans les municipalités de l’est du Lac-Saint-Jean, affirme que plusieurs de ses membres peinent actuellement à obtenir suffisamment de contrats pour assurer la viabilité de leurs activités. Selon la Corporation, certains n’auraient accumulé qu’environ sept journées de travail depuis la fin de la période de dégel.
« Nos membres sont prêts, leurs camions sont prêts, mais les chantiers ne sont tout simplement pas au rendez-vous. Nous observons une baisse importante de l’activité et beaucoup d'inquiétude sur le terrain quant aux mois à venir. », souligne Renald Pilote, camionneur et président de la Corporation des camionneurs en vrac de la région 02.
La Corporation attribue cette baisse d’activité au report ou à l’annulation de plusieurs projets attendus dans la région. Une situation qui contraste, selon elle, avec les importantes sommes annoncées dans le cadre du Plan québécois des infrastructures (PQI) ainsi qu’avec les prévisions de la Commission de la construction du Québec, qui anticipait plusieurs années soutenues d’activité dans les secteurs du génie civil et de la voirie.
« Les quelques besoins actuellement observés proviennent principalement du secteur privé, mais les volumes demeurent insuffisants pour soutenir l’ensemble des petites entreprises de camionnage en vrac de la région », souligne la Corporation dans un communiqué.
Les camionneurs s’interrogent également sur la place accordée aux régions ressources dans les investissements publics annoncés. Bien que les municipalités demeurent des partenaires importants pour l’industrie, la Corporation estime que les projets municipaux ne suffisent pas à compenser le ralentissement observé dans la région.
« Les grands projets sont souvent concentrés dans les grands centres. Pendant ce temps, nos camionneurs artisans en région sont prêts à travailler. Ils ont investi des centaines de milliers de dollars dans leurs équipements et, même lorsque les camions restent dans la cour, les dépenses continuent de s’accumuler. Une région comme le Lac-Saint-Jean doit pouvoir compter sur des investissements suffisants pour assurer des retombées économiques locales. », ajoute Renald Pilote.
Face à cette situation, la Corporation souhaite poursuivre les discussions avec les municipalités, les MRC et les différentes instances gouvernementales. Elle demande que les réalités du Lac-Saint-Jean soient davantage prises afin de générer rapidement des journées de travail pour les entreprises locales.
La Corporation craint qu’en l’absence d’une relance plus tangible de l’activité, certains camionneurs artisans soient contraints de quitter le secteur, ce qui pourrait entraîner la fermeture de petites entreprises de camionnage en vrac dans la région.