Avec un printemps qui tarde à s’installer, j’avais envie aujourd’hui de porter un regard un peu plus positif dans cette chronique. J’ai beau chercher dans les nouvelles, le positif est rare.
Alors je me suis dit : pourquoi ne pas souligner quelques initiatives d’ici bien concrètes ? Par exemple, l’inauguration des habitations du Groupe Coderr à Alma, un projet très porteur pour la communauté. Ou encore les bénévoles du Festival d’hiver, qui ont fait preuve d’une belle résilience malgré un igloo gonflable qui n’a pas résisté aux conditions du Lac-Saint-Jean. Et il y a aussi la Ville de Roberval, qui semble enfin davantage à l’écoute des entrepreneurs qui expriment, depuis longtemps, des frustrations face à la bureaucratie municipale.
Mais finalement, le vrai rayon de soleil du printemps vient d’une étude économique sur les opportunités d’investissement dans la région. Une étude réalisée par Raymond Chabot Grant Thornton et commandée par la Chambre de commerce de Saguenay. Êtes-vous bien assis ?
Des investissements de 37,7 milliards de dollars au Saguenay–Lac-Saint-Jean au cours des dix prochaines années.
Wow. Voilà du positif : des emplois, des retombées économiques et de la croissance pour notre région. Des projets miniers, énergétiques, industriels, institutionnels ; bref, du développement pour contrer la stagnation vécue depuis plusieurs années.
Restons toutefois prudents, car les spécialistes peuvent faire dire ce qu’ils veulent aux chiffres, surtout que les résultats sont présentés de manière agrégée pour respecter la confidentialité des entreprises rencontrées. Mais une chose est claire : nous entrons dans une période très importante pour la région, mais…
Oui, il y a toujours un « mais ».
Il faudra que les entreprises d’ici soient prêtes à saisir ces occasions. Et nous revoici avec l’enjeu majeur : la main-d’œuvre. L’étude indique un déficit dans plusieurs métiers essentiels : mécaniciens, électromécaniciens, soudeurs, opérateurs et autres travailleurs spécialisés. Bref, 14 professions où il manque déjà de bras. Alors, si votre enfant est au secondaire, qu’il est manuel et qu’il souhaite travailler ici, ce n’est pas le travail qui va manquer.
Compte tenu du manque de main-d’œuvre régionale et du besoin d’entreprises spécialisées pour réaliser ces projets, des travailleurs de l’extérieur viendront chez nous et repartiront avec une bonne partie des revenus. Selon certaines estimations, les retombées locales réelles seraient d’environ 25 %, soit environ 9,4 milliards de dollars.
Et il y a encore un « mais »…
Au moment où ces grands projets se mettent en place, le Comité de maximisation des retombées économiques régionales (CMAX) n’est plus en fonction. L’organisme, qui visait à maximiser les
retombées pour les entreprises et la main-d’œuvre locale, aurait congédié son directeur général et ce dernier aurait intenté une poursuite pour congédiement injustifié.
Raymond Chabot Grant Thornton conclut son étude avec un constat clair : il faut davantage de concertation entre tous les partenaires si nous voulons un meilleur avenir. Malheureusement, dans le domaine de la concertation, plusieurs structures ont disparu dans la région, comme le Conseil régional de concertation et de développement, aboli en 2004. Alors aujourd’hui, le développement régional est entre les mains de la Conférence des préfets.
Alors j’ai une question : au moment où la concertation devrait être notre priorité, pourquoi le devenir de toute la région repose-t-il, en pratique, entre les mains de seulement cinq élus ?