Chroniques

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Politique municipale : un déficit d’intérêt difficile à surmonter

Le 16 octobre 2025 — Modifié à 09 h 48 min
Par Vincent Gosselin

La démocratie locale en prend pour son rhume depuis quelque temps. Cette tendance pourrait se perpétuer encore cette année. Plusieurs facteurs contribuent à l'effritement de l’intérêt pour nos gouvernements de proximité. Cette fois, la grève chez Postes Canada, le nombre d’élus sans opposition et la diminution de la taille des conseils municipaux se mettent de la partie.

Le taux de participation est souvent accablant aux élections municipales au Québec. En 2021, il s’élevait à seulement 38,7 % des électeurs inscrits dans la province. Une baisse nette de six points par rapport à la participation enregistrée en 2017.

Une grève aux multiples répercussions

Cette année, Élections Québec appréhende une baisse de la participation en raison de la grève en cours chez Postes Canada. Bon nombre d’électeurs ne pourront recevoir leur carte d’information à temps pour le scrutin. Même si celle-ci n’est pas obligatoire pour voter, un chamboulement dans les habitudes des citoyens pourrait les amener à ne pas exercer leur droit de vote.

Plusieurs municipalités s’activent donc pour tenter de distribuer autrement que par la poste les cartes d’électeurs, mais l’effort supplémentaire demandé à certains pourrait en décourager plus d’un. Élections Québec s’efforce pour que l'exercice d’un droit aussi fondamental que le vote soit autant que possible facile. Que l’information ne vienne pas aux citoyens complique les choses, même à l’ère du numérique.

Absence d’opposition

On ajoute à cela que plus d’un candidat sur deux (58 %) a déjà été élu sans opposition à la fin de la période de mise en candidature le 3 octobre dernier. C’est donc dire que de nombreux citoyens n’auront pas à s’exprimer le 2 novembre, faute de compétition dans leur municipalité.

Les difficultés de recrutement sont réelles au palier municipal. Pourtant, le gouvernement de proximité est celui qui devrait préoccuper davantage d’aspirants candidats. C’est pourquoi une loi adoptée par l’Assemblée nationale permet aux municipalités de moins de 2000 résidents de passer de six à quatre conseillers cette année.

Si cette mesure vise à faciliter le recrutement de candidats et à éviter qu’une reprise de l’élection soit nécessaire dans le cas où un siège demeure vacant, elle contribue par la bande aux risques d’effritement de la démocratie locale. En effet, dans une municipalité où peut régner un climat tendu, deux voix de moins autour de la table des décisions peut renforcer l’emprise d’une poignée de personnes sur l’administration.

Le principe est le même pour tous ceux et celles qui accèdent à leurs fonctions sans opposition. Une saine compétition, composée d’un débat d’idées, assure aux citoyens que les détenteurs du pouvoir sont imputables au moins une fois tous les quatre ans. La première étape est certes de s’informer pendant la campagne et de voter le 2 novembre. Mais il faudrait aussi commencer à s'intéresser régulièrement à ce qui se passe autour de la table de nos conseils municipaux le reste du temps.

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