Chroniques

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Un départ fort en symboles

Le 02 octobre 2025 — Modifié à 09 h 22 min
Par Vincent Gosselin

Le nom de Chrystia Freeland résonne peut-être moins au Québec, mais elle représente une figure majeure de la dernière décennie en politique fédérale. Son départ du Cabinet, qu’elle quitte pour un nouveau rôle lié à l’Ukraine, revêt donc une symbolique particulière.

On apprenait à la mi-septembre que la ministre des Transports et du Commerce intérieur laissait ses fonctions au Conseil des ministres de Mark Carney et se voyait confier le poste de représentante spéciale pour la reconstruction de l’Ukraine. Il y a deux volets à cette annonce.

Carney perd une ministre d’expérience

C’est une grosse pointure ministérielle que perd le gouvernement de Mark Carney, et ce, cinq mois seulement après une élection générale. Il faut dire que Chrystia Freeland ne jouait plus de rôle de premier plan comme elle le faisait sous Justin Trudeau. En effet, elle avait gravi les échelons jusqu’à devenir ministre des Affaires étrangères, puis ministre des Finances et vice-première ministre. Elle était le bras droit du chef, rien de moins.

C’est pourquoi sa démission, en décembre 2024, a causé le fracas ayant mené à la chute de Justin Trudeau. Elle s’est alors présentée à sa succession, affrontant Mark Carney dans la course à la direction du Parti libéral, mais ne récoltant qu’un maigre 8 % des votes. C’était donc un signal d’unité qu’il envoyait en la gardant dans son Conseil des ministres.

D’un point de vue de communication, le gouvernement n’est pas parvenu à cadrer la nouvelle du départ de Chrystia Freeland à son avantage, car l’emphase médiatique a été placée sur sa démission du Cabinet et non sur sa nomination, somme toute importante, en Ukraine. Elle ne quitte donc pas la politique pour autant.

L’Ukraine gagne une alliée

Même si ce nouveau rôle de représentante spéciale pour la reconstruction de l’Ukraine n’est pas à proprement parler diplomatique, sa titulaire, qui relèvera encore du premier ministre, devra néanmoins jouer plus souvent qu’autrement à la diplomate. Mme Freeland en a l’habitude.

Alors qu’elle était ministre du Commerce international, elle a mené la délégation canadienne pour négocier l’Accord de libre-échange Canada–États-Unis–Mexique avec la première administration de Donald Trump. Cette fois-ci, l’ancienne ministre fédérale, dont la famille est d’origine ukrainienne, devra permettre au Canada d’être un allié pour le maintien de la paix dans la période d’après-guerre en Europe de l’Est. Un défi de taille.

Mark Carney envoie une fois de plus le message que la politique étrangère est une priorité pour son gouvernement. Le premier ministre est notamment critiqué pour ses déplacements à l’international, que les partis d’opposition trouvent trop nombreux et peu fructueux. Il en a fait plus d’une dizaine depuis son entrée en fonction. Carney, lui, argumente que ses voyages sont nécessaires pour ouvrir les marchés. De futures visites en Asie et en Afrique ainsi que les prochaines rondes de négociations avec l’Union européenne seront l’occasion d’évaluer les effets de ces nombreuses missions à l’étranger.

 

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