Chroniques

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Poilievre peut-il relancer GNL ?

Le 06 février 2025 — Modifié à 09 h 13 min
Par Richard Banford

La guerre commerciale lancée par le nouveau président des États-Unis, Donald Trump, à coups d’imposition de nouveaux tarifs aux exportations canadiennes, incite le chef du Parti conservateur du Canada, Pierre Poilievre, à raviver la flamme du projet GNL. De passage dans la région, le 11 janvier dernier, il disait considérer que ce projet de liquéfaction de gaz naturel à Saguenay serait le meilleur moyen de répondre aux attaques commerciales des États-Unis.

Le chef conservateur croit qu’il serait beaucoup plus rentable de vendre du gaz liquéfié en Europe que de fournir les États-Unis en pétrole. Il reçoit à cet effet l’appui de la première ministre albertaine, Danielle Smith, qui vient de demander au gouvernement fédéral d’approuver immédiatement l’oléoduc Énergie Est, ce qui permettrait d’acheminer le gaz naturel vers l’usine de liquéfaction de Port Saguenay. Mme Smith a reçu le soutien de son homologue de la Nouvelle-Écosse, Tim Houston, selon qui plusieurs autres premiers ministres des provinces seraient en faveur de la construction de pipelines pour transporter les barils de pétrole d’ouest en est.

PROJET ALLÉCHANT

GNL représentait pour la région du Saguenay–Lac-Saint-Jean un projet prometteur à plusieurs égards. Théoriquement, sur le plan des investissements, les défenseurs du projet estimaient les retombées à 9 milliards $, bien qu’une étude du groupe Mallette les établît plutôt à 7 milliards $. Sur le plan de la diversification de l’économie régionale, le Saguenay y trouvait enfin une solution à sa dépendance au papier et à l’aluminium.

Du côté de la ville de Saguenay, on escomptait en retirer plusieurs dizaines de millions de dollars en taxes annuellement, ce qui, dans le contexte actuel, ne serait pas de refus.

Contrairement à Northvolt, qui exige des milliards de dollars à nos gouvernements, GNL et Énergie Est découlaient d’investissements majoritairement privés.

L’AUTRE CÔTÉ DE LA MÉDAILLE

Cependant, quand on analyse froidement l’idée de M. Poilievre, force est d’admettre que sa sortie publique à l’égard du projet GNL relève plus d’une quête politique que de la réalité. D’abord, parce qu’aucune entreprise n’a récemment manifesté d’intérêt pour remettre ce projet au goût du jour, même si Symbio Infrastructure, qui chapeaute GNL, est toujours inscrite au registre des entreprises du Québec.

Même avec l’appui des gouvernements, un tel projet devrait traverser une mer de contestations, comme pour le pipeline Northern Gateway, étouffé par la Cour suprême, qui a donné raison aux Autochtones en Colombie-Britannique.

LES EXPERTS UNANIMES

Le ministre fédéral Jonathan Wilkinson, un expert en questions environnementales, expliquait récemment que construire un oléoduc Énergie Est prendrait considérablement plus de temps que la durée maximale des tarifs douaniers de Donald Trump, au pouvoir pendant les quatre prochaines années. Alors, pour ce ministre libéral, si le chef conservateur Poilievre dit que GNL et Énergie Est constituent une réponse à court terme à la diversification des systèmes énergétiques, il ne comprend pas vraiment de quoi il parle.

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