Cinq organisations majeures du secteur forestier du Québec réclament au prochain gouvernement provincial de faire de la filière forestière une priorité absolue, afin de redonner sa force d’antan au marché et à ses producteurs. Une prise de parole des différents acteurs a eu lieu ce matin lors d’une conférence de presse tenue au Pavillon des croisières de La Baie.
Pour l’Alliance des communautés forestières, l’Association des entrepreneurs en travaux sylvicoles du Québec (AETSQ), l’Association québécoise des entrepreneurs forestiers (AQEF), le Conseil de l’industrie forestière du Québec (CIFQ) et la Fédération québécoise des coopératives forestières (FQCF), la crise forestière actuelle a atteint un niveau d’alerte critique. Selon eux, des mesures significatives et immédiates devraient être mises en place afin de soutenir les communautés et permettre à l’ensemble de la filière de se restructurer et de demeurer forte.
Selon le président du CIFQ, Michel Vincent, des pertes de près de 230 $ sont enregistrées pour 1 000 pieds de bois mis en vente sur le marché. En combinant le prix de vente, les taxes imposées et les revenus par rapport au coût du bois, c’est entre deux et quatre mille dollars qui sont perdus à chaque camion sortant de l’usine avec le produit.
« Nous saluons les efforts réalisés par le gouvernement du Québec dans le but de moderniser le système de tarification, car il s’agit d’une étape nécessaire pour améliorer notre niveau de compétitivité avec nos concurrents à travers le Canada. Il conviendra maintenant de s’attaquer au prochain gros volet, soit la refonte du régime forestier. Le Québec doit se doter d’un régime forestier écrit par et pour les Québécois, et non pour les Américains », dit M. Vincent.
D’un autre côté, le président de l’Alliance des communautés forestières, Yanick Baillargeon, estime que les actions prises sont toujours insuffisantes et que le milieu forestier a été laissé pour compte.
« Chaque jour, des centaines de familles vivent dans l’incertitude la plus totale. Elles ne savent plus comment subvenir à leurs besoins. Elles n’ont plus personne vers qui se tourner, parce que le système censé les protéger les a abandonnées. Depuis des mois, on tend la main au gouvernement. Des mesures ont été proposées, des sommes ont été annoncées, mais ça ne suffit pas encore ! Pourquoi ? Le gouvernement a pourtant tous les éléments en main », ajoute-t-il.
Le milieu de la sylviculture, qui permet de contrôler la composition, la croissance et la qualité des peuplements forestiers, est également touché par la crise actuelle.
En 2025 seulement, 52 M$ nécessaires aux travaux de base étaient manquants. De plus, au cours des dernières années, ce sont 143 000 hectares de plantations qui ont été laissés à l’abandon.
Le président de l’AETSQ, Rémy Paquet, se joint alors aux autres organisations mobilisées pour obtenir une plus grande autonomie budgétaire et souhaite faire valoir davantage leurs compétences et leurs connaissances afin de ramener une stabilité dans le milieu forestier.