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Violence conjugale

10 jours d’absence rémunérée réclamée pour les victimes

Émile Boudreau
Le 26 mars 2026 — Modifié à 07 h 54 min
Par Émile Boudreau - Journaliste

Une délégation de l’Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux (APTS) s’est présentée hier à l’Assemblée nationale afin de sensibiliser les parlementaires à leur revendication d’accorder 10 jours d’absence rémunérés aux personnes victimes de violence conjugale.

Représentant majoritairement des femmes, l’APTS dit s’inquiéter de la recrudescence des féminicides au Québec depuis le début de l’année. En moins de trois mois, sept féminicides ont déjà été recensés.

« Derrière ces chiffres, des femmes tentaient de survivre à de la violence conjugale. Ce qu'on demande, c'est d'accorder aux victimes le temps nécessaire pour s'en sortir, sans avoir à choisir entre leur sécurité et leur salaire. Qu'attendons-nous pour freiner l'évolution alarmante de ces statistiques? », a dénoncé Isabelle Mantha, vice-présidente de l'APTS.

Selon l’APTS, le Québec accuse un retard par rapport à d’autres provinces canadiennes, où des mesures semblables existent déjà. L’Alliance soutient que l’octroi de jours d’absence rémunérés a démontré son efficacité et peut contribuer à sauver des vies en éliminant l'un des obstacles qui empêchent souvent les victimes de se mettre en sécurité, de consulter des ressources spécialisées ou même de participer à des démarches judiciaires.

« Pour nous, cette revendication dépasse le cadre de nos conventions collectives. Protéger les victimes, syndiquées ou non, c'est l'affaire de toutes et tous. Y compris des employeurs, parce que la violence ne s'arrête pas aux portes du travail. », a ajouté la vice-présidente. « Le ministre du Travail nous répond que la mesure serait trop coûteuse. Mais pouvons-nous vraiment mettre un prix sur la vie des victimes et de leurs enfants? La vie des femmes ne devrait pas avoir à être négociée! », conclut-elle.

Cette prise de position survient quelques semaines après que les parlementaires ont voté à l’unanimité, à l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes, une motion visant à dénoncer les féminicides et à renforcer leur prévention.

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