Chroniques

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La jasette de la gazette

Ce n’est pas ça, être un homme

Le 23 juin 2026 — Modifié à 14 h 55 min
Par Stéphanie Gagnon

Mes lunettes roses et moi, on aime croire que certaines batailles sont derrière nous. L’actualité nous rappelle malheureusement, et violemment, que ce n’est pas le cas.

L’égalité entre les hommes et les femmes n’est pas une évidence et même après des décennies (que dis-je, des siècles !) de lutte, la place des femmes dans la société est encore remise en question.

Des mouvements masculinistes aux discours misogynes prolifèrent sur les réseaux sociaux, des influenceurs enseignent aux jeunes garçons que la valeur d'un homme se mesure au contrôle qu'il exerce sur une femme...

La fusillade à Montréal perpétrée par ce qui semble être un incel* (on verra à l’issue de l’enquête mais au moment d’écrire ces lignes, c’était la thèse la plus probable) qui crache la responsabilité de ses échecs sur le dos des femmes.

Ça me met en colère. Pas contre les hommes, mais contre cette idée qui refuse de mourir, qu'un homme cisgenre vaut davantage qu'une femme, ou que tout autre genre. Qui a établi cette hiérarchie invisible qui traverse encore nos sociétés et surtout, pourquoi certains s’y accrochent-ils avec autant d’acharnement ?

C’est pas de la masculinité ça. Les vrais hommes n’ont jamais eu besoin d’écraser pour se sentir légitimes. Les vrais hommes aiment sans contrôler, sont capables d’applaudir les succès d’une femme sans se sentir menacés et n’ont rien à prouver à personne.

La valeur d’un humain dépend de la façon dont il traite ses semblables. Et c’est rien de moins qu’une tragédie quand des jeunes sont aspirés par les discours incels en réponse à leur solitude et leur sentiment de rejet. C’est possiblement plus simple que de commencer une longue quête personnelle de remise en question qui leur permettrait de mieux se connaitre ou de développer leur confiance. Pas besoin, voici l’ennemi : les femmes !

La haine ne répare pas les blessures, jamais, jamais, jamais.

L’histoire nous l’a montré ad nauseam : quand un groupe commence à se sentir supérieur à un autre, c’est l’humanité entière qui perd. Et c’est possiblement ce qui me donne le plus mal au cœur, qu’on n’apprend rien.

Le féminisme ne m’a jamais appris à détester les hommes. Il m’a appris à reconnaître les vrais. Et aucun de ceux qui écrasent pour se prévaloir du titre n’en sont.

*célibataires involontaires.

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