L’entreprise minière First Phosphate manifeste un intérêt marqué pour l’usine de Domtar à Kénogami et pour l’accès à son hydroélectricité, advenant une éventuelle fermeture du site en raison des difficultés persistantes de l’industrie forestière, rapporte Radio-Canada.
La société, qui projette d’exploiter une mine de phosphate dans les secteurs de Bégin et Lamarche, prévoit déployer un projet industriel d’envergure comprenant deux usines : une première, destinée à la production d’acide phosphorique, serait aménagée au port de Saguenay, tandis qu’une seconde se consacrerait à la fabrication de cathodes pour batteries au lithium fer phosphate (LFP).
C’est cette deuxième usine qui pourrait éventuellement être implantée à Kénogami, malgré le fait que First Phosphate détienne déjà un bail pour s’installer dans l’ancienne usine de Proco à La Baie. L’entreprise n’exclut toutefois pas la possibilité de mettre en place plus d’une usine.
Une rencontre à ce sujet s’est d’ailleurs tenue mercredi matin entre des représentants syndicaux, le député bloquiste de Jonquière, Mario Simard, et des représentants de First Phosphate.
Le président du Syndicat national des travailleurs et des travailleuses des pâtes et papiers de Kénogami–CSN, Gilles Vaillancourt, voit dans cette initiative un potentiel prometteur pour la région. Selon lui, le projet pourrait permettre le maintien de nombreux emplois, alors que First Phosphate estime avoir besoin d’environ 300 travailleurs répartis entre la mine et les différentes installations industrielles.
L’électricité au cœur des enjeux
Au-delà des infrastructures et de la main-d’œuvre, c’est surtout l’accès à l’électricité qui motive l’intérêt de First Phosphate pour le site de Kénogami. L’entreprise est actuellement en attente de l’attribution d’un bloc d’énergie, un élément central à la viabilité de son projet.
Rappelons que l’usine Kénogami est alimentée par les centrales hydroélectriques de Domtar sur la rivière Shipshaw. En vertu d’un bail de location des forces hydrauliques, Domtar est pour l’instant tenue d’utiliser cette électricité dans ses usines d’Alma et de Saguenay. Toutefois, en cas de fermeture de l’une de ces installations, le gouvernement du Québec pourrait résilier ce bail, lequel est enchâssé dans une loi.
Face à une possible fermeture de l’usine, plusieurs acteurs impliqués dans le dossier ont déjà commencé à envisager différents scénarios pour l’avenir de ces centrales.
Domtar souhaite conserver ses barrages et vendre l’électricité à un nouveau projet industriel. De son côté, le député provincial de Jonquière, Yannick Gagnon, soutient que Québec pourrait aller jusqu’à l’expropriation de Domtar. La Ville de Saguenay envisage également d’exercer un droit de préemption afin de reprendre les barrages situés sur son territoire en cas de vente.
Entre-temps, l’usine Kénogami a repris sa production le 9 mars, après un arrêt planifié de deux semaines. Aucune fermeture n’est officiellement prévue pour le moment.