La candidate de Québec solidaire (QS) dans la circonscription de Chicoutimi, Jeanne Palardy, reproche à la Coalition Avenir Québec (CAQ) et au Parti libéral du Québec (PLQ) d’avoir refusé d’affirmer explicitement leur opposition au projet de gazoduc et d’usine de gaz naturel liquéfié (GNL) de Marinvest Energy.
La formation de gauche avait présenté hier une motion à l’Assemblée nationale demandant à l’Assemblée nationale du Québec d’afficher clairement son désaccord envers l’initiative portée par l’entreprise norvégienne.
Si le Parti québécois (PQ) a appuyé la motion, QS déplore toutefois que cette prise de position ait été brouillée quelques instants plus tard par une publication sur le réseau social X. Selon Jeanne Palardy, le message du député péquiste Joël Arseneau, affirmant que le PQ demeurait ouvert à « tout projet énergétique », entretient la confusion quant à la ligne du parti sur les projets de GNL.
« Lors de notre débat dans Chicoutimi, la candidate péquiste Marie-Karlynn Laflamme a clairement dit qu’elle était ouverte au projet de Marinvest. À voir le tweet de Joël Arseneau aujourd’hui, je comprends que le PQ est en réalité tout à fait ouvert à des projets de gazoducs et de GNL. Je ne m’explique pas cette contradiction venant d’un parti qui prétend prendre au sérieux la crise climatique », a fait valoir la candidate solidaire.
Elle ajoute que le projet de Marinvest Energy n’apporterait selon elle ni retombées économiques significatives ni bénéfices environnementaux : « c'est un projet cul-de-sac qui va nuire à notre région sans avoir rempli ses promesses de développement économique », a-t-elle déclaré.
Le député solidaire Étienne Grandmont, qui portait la motion de son parti à l'Assemblée nationale, a ajouté que le consensus scientifique affirme que l’économie de l’avenir ne passe pas par les pipelines ni par le gaz naturel liquéfié.
Selon lui, les promesses de carboneutralité avancées par Marinvest Energy omettent volontairement les émissions en amont, notamment celles générées par la fracturation hydraulique, une méthode interdite au Québec depuis 2022.
« Comment peut-on interdire une pratique chez nous, mais construire des infrastructures pour profiter des retombées de ces méthodes-là réalisées ailleurs? Le GNL, ce n’est pas une solution de rechange, c’est une bombe à retardement climatique », a-t-il affirmé.
Québec solidaire soutient que Marinvest Energy tente essentiellement de relancer le projet de GNL Québec sous une nouvelle identité. Le tracé proposé pour le gazoduc de plus de 1 000 kilomètres traverserait le nord du Québec, le Saguenay–Lac-Saint-Jean et la Côte-Nord avant de rejoindre une future usine de liquéfaction et un terminal maritime destinés à exporter du gaz provenant de l’Alberta en passant par le réseau transcanadien de TC Energy.