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Agents de la faune

La Fédération québécoise des chasseurs et pêcheurs tire la sonnette d’alarme

Émile Boudreau
Le 04 octobre 2025 — Modifié à 08 h 28 min le 02 octobre 2025
Par Émile Boudreau - Journaliste

La Fédération québécoise des chasseurs et pêcheurs (FédéCP) s’inquiète de la réduction du nombre d’agents de la faune et de la fermeture de plusieurs bureaux à travers le Québec, incluant au Saguenay-Lac Saint-Jean.

Selon la Fédération, la fermeture de ces bureaux régionaux par le ministère de l'Environnement, de la Lutte contre les changements climatique, de la Faune et des Parcs serait motivée par des considérations administratives, budgétaires et logistiques, une situation qu’elle considère comme une prise de risque environnementale, sociale et sécuritaire.

« Nous avons besoin de notre police de la faune en forêt pour protéger nos ressources, pour protéger nos chasseurs et nos pêcheurs et pour s’assurer que tout le monde respecte les règles. », tempête Marc Renaud, directeur général de la FédéCP.

La Fédération redoute également que la décision du ministère empêche les agents du Saguenay-Lac-Saint-Jean d’effectuer leur travail convenablement. Selon elle, la diminution des effectifs dans la région nuirait à la réactivité des agents sur le terrain en plus de les amener à couvrir plus de territoire tout en ayant moins de renforts disponibles en cas d’interventions urgentes.

La concentration des effectifs dans les grands centres pour mener des opérations de grande envergure est aussi une préoccupation de la FédéCP qui craint que cela exerce une pression supplémentaire sur les agents maintenus en région en plus de laisser les plus petits réseaux de braconnage sans surveillance.

Le syndicat des agents de protection de la faune du Québec (SAPFQ) dénonce, quant à lui, un risque accru d’épuisement professionnel et une détérioration des conditions de travail des agents, pouvant mener à une baisse d’attractivité de l’emploi.

« On nous dit que les jeunes sont moins intéressés à aller en région. », explique Marc Renaud. « Mais si l’on ne rend pas l’emploi intéressant, les jeunes ne voudront pas se rendre au nord du Lac-Saint-Jean. », poursuit-il.

La Fédération québécoise des chasseurs et pêcheurs a sollicité une rencontre dans les prochains mois avec le nouveau ministre de l’Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs, Bernard Drainville, afin de le sensibiliser au maintien des bureaux régionaux et des effectifs d’agents de la faune.

Moins d’effectifs, mais plus d’efficacité

Depuis 10 ans, le nombre d’agents de la faune couvrant le District Nord-Est (Saguenay-Lac-Saint-Jean et Côte-Nord) est en constante diminution, passant de 52 agents en 2016 à 41 en 2025.

Toutefois, selon ministère de l’Environnement de la Lutte contre les changements climatiques de la Faune et des Parcs, depuis 2022, grâce à la régularisation graduelle de la situation des emplois, auparavant saisonniers, le contingent actuel travaille 12 mois par année.

« Ainsi, malgré un nombre moindre d’agents, le nombre d’heures travaillées demeure sensiblement le même. », explique Ève Morin Desrosiers, porte-parole du ministère. « Notre organisation est sensible aux besoins en matière de protection de la faune sur l’ensemble du territoire du Québec et est soucieuse de maintenir une couverture optimale du territoire québécois qui tient compte notamment des enjeux fauniques, des défis d’attraction et de rétention des talents, ainsi que des méthodes de travail modernes. », poursuit-elle.

Le ministère confirme d’ailleurs vouloir mettre en place des solutions « favorisant l’efficience du service pour la collectivité et des ressources organisationnelles, tant humaines que matérielles ». Ces mesures viseraient à optimiser l’utilisation des ressources de l’État, à améliorer la répartition des agents sur le territoire et à mieux répondre aux attentes de la population en matière de protection de la faune et de préservation de la biodiversité, tout en offrant un environnement de travail stimulant.

Les agents de la faune sont exclus du gel d’embauche actuellement en vigueur au gouvernement du Québec et une nouvelle cohorte de 29 agents a été diplômée en juin 2025.

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