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Procès de Julie Dufour

Des contradictions apparaissent

Le 23 avril 2025 — Modifié à 12 h 11 min
Par André Deschênes, collaboration CKAJ 92,5

C’est mardi matin, présidé par le juge Louis Duguay de la Cour du Québec, que s’est amorcé au palais de Justice de Chicoutimi le procès de la mairesse Julie Dufour, accusé par le Directeur Général des Élections du Québec (DGEQ) de manœuvres électorales frauduleuses.

Les faits reprochés à l’actuelle mairesse de Saguenay remontent à la campagne électorale de 2021, alors que Mme Dufour aurait offert à deux candidats à la mairie et à un candidat potentiel de se retirer en échange de considérations futures, ce qui est illégal au sens de la loi. Une plainte à cet effet a été déposée par l’ex-mairesse Josée Néron. On parle de l’ex-député Serge Simard, de Jacynthe Vaillancourt et de l’actuel conseiller Jean-Marc Crevier. Mme Dufour est représentée par Me Charles Levasseur, alors que le DGEQ est représenté par les avocates Laurie Mongrain et Natacha Dupuis-Carrier. 

Le procès s’est amorcé avec le témoignage de l'analyste-enquêteur d’Élections Québec, Pierre Dufour. Ce dernier a d’abord débuté son témoignage en dressant chronologiquement les événements ayant conduit aux accusations, dévoilant du coup que deux plaintes supplémentaires concernant des pancartes, des dépenses et du financement avaient aussi été déposées. Me Levasseur a soulevé de son côté son interrogation quant au fait que l’enquêteur avait d’abord rencontré Jean-Marc Crevier en premier, avant de rencontrer la personne qui avait déposé la plainte, Josée Néron elle-même. Quant à la chronologie des événements lorsque rencontré par l’enquêteur, Serge Simard ne pouvait se souvenir à quel moment (mois) serait survenue la proposition de Julie Dufour à son endroit, soit en juin ou en septembre. L’analyste-enquêteur a alors dû demander à Bell Sécurité de retracer les appels faits ou reçus par l’ex-député.  

Témoignage de l’ex-mairesse

Appelée à témoigner, l’ex-mairesse Josée Néron a raconté avoir croisé Jean-Marc Crevier lors d’un repas au restaurant en mai 2021, et avoir alors appris de ce dernier qu’il avait reçu l’offre de devenir négociateur pour la ville de la part de Julie Dufour, en échange d’un retrait de sa part de toute participation à une campagne à la mairie de Saguenay en novembre suivant, Mme Dufour ayant l’intention de se présenter. « Mon chef de cabinet Luc Desbiens assistait alors à ce souper, et a spontanément dit à M. Crevier que c’était illégal ». L’ex-mairesse a alors raconté que M. Crevier lui avait confié avoir refusé la proposition, ne voulant pas être perçu comme un “vire-capot” (lui qui avait représenté des syndiqués une bonne partie de sa vie) et ne voulait pas porter plainte. « Si quelqu’un porte plainte en lien avec ça, je vais tout nier, m’avait-il d’abord dit, expliquant qu’il ne voulait pas porter ombrage à la future campagne ». Questionnée par l’avocate du DGEQ à savoir pourquoi elle croyait la parole de M. Crevier dans cette histoire malgré le fait qu’elle n’ait pas été témoin de la fameuse proposition, Mme Néron a répondu de manière non équivoque. « Je crois davantage la parole de Jean-Marc Crevier ». L’ex-mairesse a avoué avoir fait le choix de déposer la plainte à la Commission municipale du Québec (CMQ) “en portant le flambeau” selon ses dires.  

Jean-Marc Crevier s’amène 

Amorçant son témoignage en après-midi, le conseiller municipal Jean-Marc Crevier a d’abord raconté les premiers temps où il avait connu Julie Dufour, à l’époque où elle et lui se croisaient lors d’assemblées de la Conférence régionale des élus (CRÉ). Puis est venu le temps où ils se sont côtoyaient en tant que collègues conseillers à l’arrondissement Jonquière où les relations étaient cordiales. Mais les choses se sont corsées au printemps 2021 où il était connu que Jean-Marc Crevier songeait à se présenter maire. « Julie Dufour est venue me voir et, connaissant mes intentions, savait que je voulais me présenter aussi. Elle m’a alors fait part de son intention de se présenter comme mairesse, m’a même demandé ce que je penserais d’elle comme mairesse. Je ne savais pas trop quoi lui répondre, je lui ai alors dit qu’elle ne pouvait pas être pire que d’autres avant elle ». 

Puis est arrivée la proposition qu’aurait faite Mme Dufour à son collègue, lui suggérant de renoncer à son idée de se présenter comme maire, et qu’elle le récompenserait avec un emploi de négociateur avec les syndiqués de la ville. Et pour Jean-Marc Crevier, il n’en était pas question. « Ce monde-là, les syndiqués, je les ai représentés une bonne partie de ma vie. Pas question pour moi de traverser de l’autre côté de la clôture ». Les relations n’ont plus été tout à fait les mêmes entre les deux élus par la suite. « On essayait de faire le travail, c’était cordial, pour le travail ». 

Mentionnons que le procès a ensuite été ajourné, alors que le contre-interrogatoire de M. Crevier aura lieu à la 1re heure mercredi matin, mené par Me Charles Levasseur. Notons finalement au passage que les médias ont produit une demande pour obtenir des extraits de déclarations écrites, et qu’ils en obtiendront copie une fois la preuve close.  

 

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