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Agressé et kidnappé : il revient au pays 24h après son départ

Serge Tremblay
Le 27 décembre 2022 — Modifié à 15 h 37 min le 27 décembre 2022
Par Serge Tremblay - Rédacteur en chef

Un homme de Saguenay a vécu l’enfer en République dominicaine alors qu’il a été volé, menotté et pris en otage pendant plusieurs heures après avoir fait confiance à un chauffeur Uber.

Michel, fin cinquantaine, grand adepte de voyages avec plus de 150 voyages à son actif, avait planifié un voyage de deux mois, le 13 décembre dernier en direction de Punta Cana. À son arrivée à l’aéroport, il s’assoit dans le Honda Civic 4 portes d’un homme qui avait prétendu faire office d’Uber Taxi. Et c’est peu de temps après que le cauchemar a commencé.

« Je me suis d’abord entendu avec lui monétairement pour qu’il me conduise à Boca Chica, localité que je connais bien et qui fait partie des environs de Santo Domingo, située à environ 184 km de l’aéroport », de raconter le voyageur.

« Un peu plus tard, alors que nous roulions, il me dit qu’il veut s’arrêter en chemin pour se soulager d’un besoin naturel. Il sort de l’autoroute. Mais comme j’attends son retour dans le véhicule, j’entends la portière gauche arrière s’ouvrir, puis la mienne également, et deux autres hommes armés de pistolets font irruption dans le Civic, m’immobilisent, m’attachent ensuite les mains. Mon « gentil » chauffeur se joint alors à ses deux complices, les trois m’agressant physiquement. Puis, un des deux s’assied sur moi pour s’assurer que je reste tranquille, brandissant son pistolet sur ma tempe, alors que l’autre a aussi brandi le sien presque simultanément. Puis mon « gentil » chauffeur reprend la route sans que je puisse deviner ce qu’il adviendrait de la suite ».

Long périple

Les trois ravisseurs veulent son cellulaire, ses codes et ses cartes de crédit et bancaires. Menotté, immobilisé, puis les yeux bandés, Michel obtempère, mais, malgré cela, il constate que les malfaiteurs ne parviennent pas à accéder à ses comptes bancaires.

« Un des malfaiteurs voulait aller s’acheter du vin avec ma carte. Il n’a pu rien faire ».

Et c’est alors que le trio, exaspéré, a commencé à formuler ses premières menaces en espagnol. « Donne-nous tes accès, sinon tu pourrais devenir aveugle, m’ont-ils dit.».

Dénouement

Au bout de six heures, les ravisseurs ont fini par relâcher Michel, sur un chemin isolé, dans la noirceur, avec comme seul objet son passeport. « Je leur avais demandé de me relâcher, de prendre tout ce qu’ils voulaient de me laisser mon passeport, car je voulais surtout rentrer chez moi », explique le quinquagénaire.

Laissé seul sur la route, il a réussi à trouver un bon samaritain qui l’a conduit au poste de police.

Le voyageur souligne au passage que tous ces gens qui l’ont aidé, entre autres Air Canada. « Suzanne, qu’elle s’appelle…je ne l’oublierai jamais, c’est près d’elle que j’ai pleuré chaudement pour la première fois après mon enlèvement. »

Des suites?

Michel s’estime chanceux de revenir avec tous ses morceaux. « On m’a dit là-bas que j’étais le deuxième à subir cette mésaventure, que j’aurais pu y rester si ces gars avaient été plus violents. »

L’enquête dominicaine suit son cours pour tenter de retracer le fameux Honda Civic et son propriétaire.

« Si jamais vous prenez un chauffeur à partir de l’aéroport, SVP, prenez des photos de la plaque et de la voiture, envoyez cela ensuite, tout de suite à vos contacts », conseille Michel, qui mentionne qu’il va continuer à voyager malgré la frousse qu’il a subie.

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