Alors que le déficit du gouvernement fédéral devrait atteindre 78 milliards de dollars en 2025-2026, la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante (FCEI) hausse le ton. À l’approche de la mise à jour économique du printemps, l’organisation exhorte Ottawa à remettre de l’ordre dans les finances publiques.
Dans un nouveau rapport dévoilé cette semaine, la FCEI souligne que douze des treize derniers exercices budgétaires du gouvernement fédéral se sont soldés par des déficits. La dette fédérale aurait par ailleurs plus que doublé en un peu plus d’une décennie, passant de 602,4 milliards de dollars en 2012-2013 à 1 266,5 milliards de dollars en 2024-2025, représentant une dette de 30 407 dollars par habitant.
« Le gouvernement traite les fonds publics comme une ressource illimitée qu'il peut utiliser sans aucune retenue ni conséquence. Les propriétaires de PME en ont assez de constater la dérive des dépenses fédérales, alors qu'on leur demande sans cesse d'encaisser les chocs sans broncher et d'absorber de nouveaux coûts. Cette situation ne peut plus durer. », a déclaré Jasmin Guénette, vice-président des Affaires nationales à la FCEI.
Selon l’organisation, le poids de la dette est désormais tel que l’ensemble des recettes générées par la taxe sur les produits et services (TPS) ne suffirait pas à couvrir les frais annuels de la dette fédérale, évalués à 53,4 milliards de dollars. Un montant qui équivaut presque aux budgets combinés du Manitoba, de la Saskatchewan et de Terre-Neuve-et-Labrador pour l’exercice 2025-2026.
La situation pourrait encore se détériorer au cours des prochaines années. La FCEI estime que les frais de la dette publique fédérale atteindront 76,1 milliards de dollars en 2029-2030, en raison de l’augmentation des besoins de financement et de la hausse des taux d’intérêt.
À titre de comparaison, ce montant aurait permis, selon la Fédération, d’éliminer en 2024-2025 la TPS, les taxes sur l’énergie, les droits de douane à l’importation ainsi que d’autres taxes et droits d’accise, tout en dégageant un surplus de 4 milliards de dollars.
« Notre économie est plombée par une dette colossale et des déficits persistants. Le gouvernement doit reprendre le contrôle de ses dépenses et améliorer l'environnement d'affaires. », a soutenu Jasmin Guénette.
Celui-ci souligne également que le Canada se trouve désormais dans une situation où le nombre de fermetures d’entreprises dépasse celui des nouvelles ouvertures, ce qui témoigne, selon lui, d’une pénurie d’entrepreneurs à laquelle les décideurs doivent s’attaquer rapidement.
Un sondage mené par la FCIE auprès des propriétaires de PME appuie cette inquiétude : 92 % d’entre eux s’opposent à toute hausse des taxes, des impôts ou des frais pour augmenter les recettes de l’État, estimant être déjà étouffés par des coûts fiscaux et réglementaires élevés.
La FCEI demande plutôt au gouvernement fédéral d’adopter un plan clair de retour à l’équilibre budgétaire assorti d’indicateurs précis, de se fixer une véritable cible de réduction du déficit et de la dette, d’instaurer des lois pour limiter ses dépenses, de réduire la taille et le coût de la fonction publique fédérale, d’éviter l’expansion de nouveaux programmes sociaux et d’envisager la vente de certains actifs gouvernementaux, notamment des sociétés d’État, des terrains et des immeubles.