L’Union québécoise des microdistilleries (UQMD) accueille favorablement la décision du gouvernement du Québec d’autoriser la vente de prêts‑à‑boire à base de spiritueux dans les épiceries et dépanneurs de la province. Jusqu’ici, seuls les prêts‑à‑boire à base de malt, de vin ou de cidre pouvaient y être vendus.
Selon l’UQMD, cette annonce représente un « grand pas dans la bonne direction » et contribue à moderniser un « cadre réglementaire désuet » qui ne reflète plus les habitudes de consommation actuelles des Québécois et des Québécoises.
« Cette ouverture répond à une réalité de marché où les prêts-à-boire connaissent une croissance soutenue et représentent un segment stratégique pour nos entreprises. En permettant leur vente en épicerie, le gouvernement adapte la réglementation aux nouvelles tendances de consommation. », a souligné Nicolas Bériault, président de l'UQMD.
Éviter de favoriser les multinationales
Si l’Union applaudit l’ouverture du marché, elle insiste néanmoins sur la nécessité de mettre en application cette mesure de façon à éviter qu’elle ne profite d’abord aux grandes entreprises internationales. L'UQMD indique que ces dernières disposent de budgets promotionnels beaucoup plus importants et peuvent offrir des produits à plus bas prix, ce qui pourrait marginaliser les producteurs québécois plutôt que les soutenir.
« Il est essentiel que cette réforme bénéficie réellement aux entreprises d'ici. Sans mécanismes adaptés, l'ouverture du marché pourrait se traduire par un déplacement des ventes vers des marques internationales plutôt que par une croissance des PME locales. Nous espérons que des réflexions approfondies aient été menées afin de prévenir ce risque et d'assurer des retombées concrètes pour les producteurs québécois », a ajouté Nicolas Bériault.
D’autres obstacles à lever
Malgré cette avancée, l’UQMD rappelle que l’industrie québécoise des spiritueux demeure confrontée à des enjeux majeurs qui freinent son développement. Les distilleries continuent de dénoncer un environnement réglementaire et fiscal peu compétitif, tant par rapport aux autres provinces canadiennes que face aux produits étrangers.
L’Union souligne particulièrement l’absence d’un statut légal dédié aux petites distilleries, une demande récurrente depuis une dizaine d’années. L’instauration de ce statut, accompagné d’allègements ciblés et d’un accès amélioré au marché, constituerait, selon l’UQMD, un levier déterminant pour dynamiser les régions et stimuler la création de richesse au Québec.