Chroniques

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La vieille garde qui ne s’en réclame pas

Le 26 juin 2025 — Modifié à 16 h 08 min le 25 juin 2025
Par Vincent Gosselin

«Non, ce n’est pas l’ancienne gang», se targuait Luc Boivin en entrevue à Radio-Canada le jour de l’annonce de sa candidature à la mairie de Saguenay. Pourtant, peu parviennent à le dissocier de la sphère d’influence de l’ancienne administration.

De fait, il est difficile d’oublier que Luc Boivin s’était joint, en 2016, au défunt Parti des citoyens de Saguenay fondé par Jean Tremblay dans le but de perpétuer son héritage. L’ancien conseiller de La Baie faisait partie des neuf échevins qui avaient troqué leur statut d’indépendants contre la nouvelle bannière qui n’a pas fait long feu. Il avait ensuite subitement abandonné la course en plein cœur de la campagne électorale.

UNE STRATÉGIE DE SURFACE

S’il avait appuyé Ghislain Harvey dans l’élection partielle tenue dans son ancien district en 2022, Luc Boivin semble avoir calculé qu’il n’est plus à la mode de se montrer ouvertement proche d’une administration qui a gouverné pendant une quinzaine d’années. Cette dernière élection partielle a constitué un signal fort avec la défaite des deux chefs de cabinet de l’ancien maire, Francyne T. Gobeil et Ghislain Harvey.

La stratégie de s’en distancier ne peut porter fruit que si l’offre qu’il met sur la table est nettement différente et ne sous-entend aucun retour à ce style de gouvernance controversé. La campagne devra en être une d’idées et de visions pour la Ville. Se réfugier derrière le traditionnel discours prônant le développement économique ne pourra guère suffire à se présenter sous un nouveau jour.

L’indéniable atout de Luc Boivin est qu’il est, pour l’instant, le seul candidat en lice provenant de l’arrondissement de La Baie. Même si la démographie ne le servira pas, il a l’occasion de se saisir d’un coin encore désert de l’échiquier électoral.

DU ROYAUME À LA VIEILLE CAPITALE

On ne peut s’empêcher de dresser un parallèle avec la course à la mairie à l’autre extrémité de la réserve faunique des Laurentides. À Québec, l’ancien ministre libéral Sam Hamad tente implicitement de courtiser les appuis qui ont permis à Régis Labeaume de gouverner pendant 14 ans.

L’ancien maire avait, comme son homologue saguenéen, fondé un parti que sa dauphine avait dirigé jusqu’à la défaite en 2021. Ce groupe qui forme aujourd’hui l’opposition officielle à l’hôtel de ville de Québec peine cependant à tirer son épingle du jeu et se fait damer le pion par le nouveau mouvement de Sam Hamad.

Bien qu’il n’ait pas fait partie de l’administration Labeaume, l’ex-ministre sait à qui il s’adresse face à un maire sortant qui promeut sa vision progressiste dans une ville aux périphéries résolument conservatrices. «Tout ce qu’on a bâti, tout ce que Régis Labeaume a bâti, on est en train [de le perdre]», avait-il confié au Devoir en août 2024.

Boivin et Hamad font face à un défi semblable: celui de ne pas déplaire à la vieille garde dont ils ont besoin… sans que le jupon dépasse trop! Ils devront également éviter le piège de s’asseoir sur une réputation qui n’est plus à faire en espérant fédérer un vote de contestation déjà divisé.

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