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Logement social

Le FRAPRU dresse un bilan sévère de la CAQ en habitation

Le 07 avril 2026 — Modifié à 12 h 04 min
Par Émile Boudreau - Journaliste

À quelques jours de l’élection du prochain chef de la Coalition avenir Québec (CAQ), prévue le 12 avril prochain, le Front d’action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU) fait un bilan critique de l’action du gouvernement en matière d’habitation.

L’organisme accuse le gouvernement de François Legault d’avoir profondément transformé les politiques publiques en logement sans s’attaquer réellement à la crise, au détriment des locataires à faible et à modeste revenu et du logement social.

Le FRAPRU rappelle qu’au moment de son arrivée au pouvoir, en 2018, la CAQ s’était engagée uniquement à compléter les quelque 15 500 logements sociaux déjà annoncés par les gouvernements précédents dans le cadre du programme AccèsLogis, sans promettre de nouvelles unités. Or, quatre ans plus tard, moins de la moitié de ces logements auraient été livrés, selon le FRAPRU.

Le FRAPRU se montre tout aussi critique du second mandat caquiste. Il dénonce l’abandon du logement social au profit du logement dit « abordable », notamment avec le remplacement d’AccèsLogis par le Programme d’habitation abordable Québec (PHAQ). Selon l’organisme, ce nouveau programme ne répond pas aux besoins des ménages les plus vulnérables.

« Non seulement ce programme n'est pas adapté au développement du logement social, mais il ouvre la porte au marché privé et abandonne progressivement une approche qui prenait en compte la capacité réelle de payer des locataires. », dénonce Véronique Laflamme, porte-parole du FRAPRU.

L’organisme souligne également que le PHAQ n’offre aucune garantie quant au nombre d’unités réellement destinées au secteur sans but lucratif et impose aux groupes communautaires des montages financiers complexes et exigeants.

Un recours accru à la sous-traitance

Dans son bilan, le FRAPRU reproche également au gouvernement d’avoir confié la gestion de centaines de millions de dollars à des partenaires externes, notamment le Fonds de solidarité FTQ, le Mouvement Desjardins et, plus récemment, la Mission Unitaînés, un organisme sans but lucratif fondé par le philanthrope Luc Maurice.

Selon l’organisme, ces ententes auraient souvent été accordées par décrets, sans appels d’offres larges et sur la base de critères jugés peu transparents. Une pratique qui, selon le FRAPRU, contourne les règles du PHAQ et affaiblit le rôle de maître d’œuvre de la Société d’habitation du Québec (SHQ) en matière de logement social.

Des catégories de logements inadéquates

Le FRAPRU critique aussi l’introduction, au printemps 2025, de deux nouvelles catégories de logements admissibles à des fonds publics : le « logement abordable intermédiaire » et le logement « à loyer basé sur les coûts réels ».

Pour l’organisme, ces nouvelles catégories servent surtout à assouplir les critères d’abordabilité et à élargir l’utilisation de fonds publics pour des logements qui demeurent hors de portée pour une grande partie des locataires.

« La crise que vit le Québec est avant tout une crise du logement cher. La rareté de logements à bas loyers — qui en est l'essence — ne se résorbera pas par la construction d'un plus grand nombre de logements chers, qu'ils soient qualifiés d’abordables, à but lucratif ou non. Ce dont le Québec a besoin, c'est de logements sociaux. », affirme Véronique Laflamme.

Revenir au logement social

Pour le FRAPRU, le logement social et le logement dit « abordable » ne peuvent être confondus, puisqu’ils n’ont ni la même fonction ni le même impact sur l’accessibilité réelle au logement.

L’organisme appelle le gouvernement à abandonner, à court terme, le financement du logement « abordable intermédiaire » et à revenir à des programmes « complets, pérennes et suffisamment financés » permettant le développement de nouveaux logements sociaux, incluant des habitations à loyer modique (HLM).

Afin de répondre aux besoins les plus urgents, le FRAPRU réclame le financement pluriannuel d’au moins 10 000 nouveaux logements sociaux par année, une mesure qui permettrait, selon lui, de doubler le parc de logements sociaux au Québec d’ici 2040.

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