Certaines écoles du Saguenay–Lac-Saint-Jean ne seront plus considérées comme défavorisées par le ministère de l’Éducation à compter de l’an prochain, rapporte Radio-Canada. Le changement découle de l’adoption des données du recensement de 2021, qui remplacent celles de 2016 pour l’attribution des cotes de défavorisation.
Cette nouvelle méthodologie entraînera la perte du statut pour plusieurs établissements relevant du Centre de services scolaire (CSS) du Pays-des-Bleuets ainsi que pour une école du CSS des Rives-du-Saguenay.
Or, les écoles classées 9 ou 10 sur l’échelle de défavorisation bénéficient notamment de groupes d’élèves réduits dans les classes et de financements additionnels afin de répondre à leurs besoins.
Une école touchée à Saint-David-de-Falardeau
Du côté du CSS des Rives-du-Saguenay, seule l’école primaire de Saint-David-de-Falardeau est concernée par le changement. Le CSS assure cependant qu’il n’entend pas réduire la qualité des services directs offerts aux élèves, malgré la perte des enveloppes associées à la cote de défavorisation.
Compte tenu d’une clientèle jugée plus vulnérable, le CSS prévoit plutôt de redistribuer des sommes à l’intérieur de son budget afin de maintenir les services. Pour l’instant, aucun chiffre n’a été avancé quant au manque à gagner lié aux fonds non reconduits.
Le Syndicat de l’enseignement du Saguenay se montre néanmoins inquiet. Il rappelle que les élèves ayant des besoins particuliers ne disparaissent pas avec la diminution des budgets et soutient que répondre adéquatement à leurs besoins deviendra plus complexe dans un contexte de ressources réduites.
Impacts importants au CSS du Pays-des-Bleuets
Au CSS du Pays-des-Bleuets, six écoles verront leur cote chuter sous le seuil de défavorisation. Ces écoles sont situées à Lac-Bouchette, Saint-François-de-Sales, Saint-Eugène-d’Argentenay, Saint-Prime, Dolbeau-Mistassini, Saint-Ludger-de-Milot et Saint-Augustin.
Dès l’an prochain, les groupes d’élèves dans ces écoles pourraient donc être plus nombreux et certaines enveloppes budgétaires destinées à des mesures et allocations spéciales risquent d’être amputées.
La direction du CSS estime que ce changement causera un manque à gagner dans le financement de ces écoles d’environ 600 000 $ et anticipe que cinq ou six postes d’enseignants pourraient être supprimés.
Le Syndicat de l’enseignement du Pays-des-Bleuets croit que la perte du statut d’école « défavorisée » ne reflétera pas nécessairement une amélioration de leur situation. Selon lui, c’est plutôt l’appauvrissement observé ailleurs au Québec qui ferait en sorte que ces écoles ne correspondent plus aux indices actuels de défavorisation.