Après avoir rencontré les travailleurs de l’usine de papier de Domtar à Kénogami lundi, le député de Jonquière, Yannick Gagnon, s’engage désormais à travailler sur un plan de rechange advenant une éventuelle fermeture de l’établissement.
Selon Radio-Canada, ce « plan B » viserait notamment, en concertation avec les acteurs régionaux, à attirer une autre entreprise susceptible de reprendre les activités de l’usine, avec ou sans récupération de la bâtisse actuelle.
Du côté syndical, le président du Syndicat national des travailleuses et des travailleurs des pâtes et papiers de Kénogami, Gilles Vaillancourt, affirme que sa priorité demeure la protection de ses membres. Il espère que le plan B du député permettra de maintenir des emplois comparables pour les travailleurs de l’usine qu’il décrit comme « très qualifiés pour faire de la production ».
Rappelons que l’usine de papier de Kénogami, propriété de Domtar, est de moins en moins rentable dans un contexte où l’industrie forestière traverse une période particulièrement difficile. La situation est notamment exacerbée par les tarifs et droits imposés par les États-Unis, qui exercent une pression importante sur la compétitivité du secteur.
Barrages hydroélectriques
Lors d’une récente visite dans la région, la direction de Domtar avait avancé qu’en cas de fermeture de l’usine de Kénogami, l’entreprise pourrait conserver la propriété de ses barrages et de ses centrales hydroélectriques afin de vendre l’électricité à un autre promoteur. Une option que Yannick Gagnon rejette catégoriquement.
Le député soutient que le gouvernement reprendrait possession des barrages si l’usine venait à fermer, rappelant que le bail permettant à Domtar de produire de l’hydroélectricité à partir de la rivière Shipshaw prévoit clairement sa résiliation dans un tel scénario.
Pour sa part, le maire de Saguenay, Luc Boivin, craint que la fermeture de l’usine ne s’accompagne d’une nouvelle perte de blocs énergétiques pour la région. Il rappelle notamment l’échec du projet Vianode, qui s’est finalement implanté en Ontario faute d’avoir accès à suffisamment d’énergie pour d’établir à Saguenay, ainsi que la fermeture définitive de l’usine d’Abitibi-Consolidated à Port-Alfred en 2005. Selon le maire, la région avait alors perdu 120 mégawatts qui lui étaient réservés par Hydro-Québec.
Pour éviter cette situation, la Ville de Saguenay s’est dotée d’un droit de préemption sur les barrages de Domtar sur son territoire, advenant une vente, afin de préserver ses leviers énergétiques.