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Orphelinat de Chicoutimi

Une action collective pour indemniser des victimes présumées d’abus

Émile Boudreau
Le 17 mars 2026 — Modifié à 09 h 30 min
Par Émile Boudreau - Journaliste

Une demande d’autorisation d’exercer une action collective a été déposée le 10 mars dernier en Cour supérieure afin d’indemniser d’anciens pensionnaires de l’Orphelinat de l’Immaculée-Conception à Chicoutimi qui auraient subi des sévices durant leur enfance, rapporte Radio-Canada.

Le recours vise Les Petites Franciscaines de Marie ainsi que le diocèse de Chicoutimi et l'évêque de Chicoutimi en tant que personne morale afin d’indemniser les personnes qui n’ont pas été reconnues par le Programme national de réconciliation avec les orphelins et orphelines de Duplessis. Environ 12 000 enfants ont fréquenté l’établissement entre 1931 et 1968.

La demanderesse, dont l’identité est protégée par une ordonnance de non-publication, est originaire du LacSaintJean. Accueillie à l’orphelinat quelques jours après sa naissance, elle y serait demeurée jusqu’à l’âge de six ans. Après une période d’environ 18 mois passée en famille d’accueil, elle y serait retournée avant de quitter définitivement l’établissement aux alentours de 1965.

Agissant au nom d’un groupe de victimes présumées, elle soutient avoir subi des abus physiques, sexuels et psychologiques derrière la chapelle et dans les dortoirs de l’orphelinat. Ces actes auraient été commis par des religieux, des religieuses et des laïcs œuvrant au sein de la congrégation des Petites Franciscaines de Marie, qui géraient l’orphelinat à l’époque.

Selon l’avocate de la demanderesse, la façon dont ces abus auraient été perpétrés laisserait entrevoir une certaine organisation. Le document judiciaire mentionne notamment que lorsqu’elle protestait ou tentait de s’enfuir lors des sévices allégués, la demanderesse aurait été rattrapée par d’autres religieuses, qui l’auraient battue.

Le document mentionne également que la demanderesse aurait été attachée à une clôture toute une journée, subissant alors de douloureux coups de soleil, et fait aussi état de décharges électriques qui auraient été administrées à des enfants.

Le cabinet d’avocats Trudel Johnston & Lespérance représentant la demanderesse réclame au nom des victimes des dommagesintérêts pour les préjudices communs subis, ainsi que pour des préjudices additionnels, sans toutefois préciser les montants recherchés. Avant d’aller de l’avant, la demande devra être autorisée par un juge, un processus qui pourrait s’échelonner sur environ un an.

L’évêque de Chicoutimi, Mgr René Guay, a confirmé avoir pris connaissance du dossier. L’Évêché indique qu’un suivi sera effectué au cours des prochains jours. De leur côté, les Petites Franciscaines de Marie affirment faire confiance au processus judiciaire afin que la situation soit évaluée avec impartialité et que toute la lumière soit faite sur les faits allégués.

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