La Chambre de commerce et d’industrie Saguenay–Le Fjord (CCISF) accueille avec prudence le budget 2026-2027 déposé hier par le ministre des Finances du Québec, Éric Girard.
Si l’organisation reconnaît que plusieurs mesures répondent à des priorités régionales, elle estime toutefois que d’importants enjeux structurants demeurent sans réponse, notamment en matière de prévisibilité et de vision économique à long terme.
Selon la CCISF, la majorité des mesures annoncées auront peu ou pas d’effet sur la stimulation de l’investissement privé. L’organisation applaudit néanmoins certains gains ciblés pour des secteurs actuellement aux prises avec des crises majeures.
Parmi ceux-ci, la CCISF souligne la bonification de 40 millions de dollars du crédit d’impôt pour les médias, désormais étendu aux secteurs de la télévision et de la radio.
Elle salue également l’abolition de la redevance annuelle pour les scieries, l’appui accru aux travaux sylvicoles ainsi que l’injection de 60 millions de dollars pour soutenir le fonds de roulement des entreprises de transformation du bois. Toutefois, la CCISF estime que les investissements annoncés offriront surtout un soutien à court terme.
L’ajout d’un milliard de dollars destinés à appuyer des projets liés aux minéraux critiques et stratégiques est aussi considéré comme un pas dans la bonne direction.
D’autres investissements pour le maintien et l’amélioration des infrastructures ferroviaires, la favorisation du repreneuriat ainsi que pour le transport aérien sont également bien accueillis, malgré certaines réserves.
« Ce budget envoie certains signaux positifs pour notre région, mais plusieurs enjeux structurants demeurent en suspens. Pour nos entreprises, la prévisibilité et la cohérence des interventions gouvernementales seront déterminantes dans les prochaines années », affirme la présidente-directrice générale de la CCISF, Sandra Rossignol.
Plan québécois des infrastructures
La CCISF accueille aussi favorablement l’ajout de 3 milliards de dollars supplémentaires au Plan québécois des infrastructures (PQI), dont 71 % seront consacrés à la rénovation de structures existantes. Elle rappelle toutefois que l’enjeu ne réside pas uniquement dans l’annonce de nouveaux montants, mais aussi dans la capacité du gouvernement à concrétiser les projets.
« Les entreprises constatent depuis quelques années que, même quand des projets disposent du financement public nécessaire dans le PQI, le gouvernement ne les démarre pas ou les arrête en cours de route. Les entreprises ont besoin de prévisibilité, pas d’un stop and go continuel, afin de planifier leurs besoins de main-d’œuvre, de machinerie et de matériaux. », a ajouté Véronique Proulx.
Immigration
La mention dans le budget que « certains secteurs pourraient connaitre des pénuries de main-d’œuvre, ce qui rendrait le recrutement plus difficile et pourrait exercer des pressions sur les salaires », ne vient pas non plus rassurer la CCISF. Selon elle, cela confirme les difficultés vécues par les entreprise de la région que ne parviennent pas à combler leurs postes.
La Chambre appel le gouvernement à hausser les seuls d’immigration permanente, à maintenir le nombre de travailleurs étrangers temporaires et à résister le Programme de l’expérience québécoise.