Au lendemain de l’annonce d’un neuvième féminicide depuis le début de l’année 2026, le Regroupement des maisons pour femmes victimes de violence conjugale somme Québec de prévoir rapidement la création de nouvelles places en maisons d’hébergement pour les femmes victimes de violence conjugale.
Bien que le gouvernement ait annoncé un investissement de 21 millions de dollars sur cinq ans pour renforcer les services offerts dans les maisons d’hébergement, le budget 2026 ne prévoit aucune somme destinée à la création de nouvelles maisons ni à la reconnaissance de nouvelles places, dénonce le Regroupement.
L’organisme souligne également que les sommes actuellement allouées ne couvrent qu’environ 40 % des besoins pour la consolidation des maisons existantes et que plus de la moitié des demandes d’hébergement acheminées par SOS violence conjugale ne trouve pas de ressource appropriée.
« Les travaux du comité piloté par le ministère de la Santé et des Services sociaux stagnent depuis des années alors que tous les signaux sont dans le rouge, dans au moins 13 des 17 régions du Québec. Quand on sait que sortir de terre une maison prend plusieurs années, il y a urgence d'agir pour enclencher les démarches. », alerte Louise Riendeau, coresponsable des dossiers politiques du Regroupement.
Sa collègue Élise Brien abonde dans le même sens et appelle à un changement de cap. Elle rappelle que son organisme tend la main à la nouvelle première ministre, Christine Fréchette, qui s’est d’ailleurs engagée à créer des postes en maisons d’hébergement.
« Nous avons besoin que son gouvernement, de même que le ou la future ministre de la Santé et des Services sociaux, fassent du manque de places et de services en maison leur priorité. On ne peut pas se contenter de ce qui a été fait, on doit trouver les moyens de répondre aux besoins actuels. », insiste-t-elle.