Alors que les horloges vont passer à l'heure avancée dans la nuit de dimanche à lundi, les données d'un nouveau sondage Léger, réalisé il y a un mois, révèlent une réalité troublante : la perte de sommeil n'est pas seulement un inconvénient temporaire pour les Québécois, elle est devenue un enjeu de santé publique bien ancré.
Ainsi, 37 % des Québécois dorment moins que les sept heures recommandées par nuit, ce qui les place dans une situation que les experts décrivent comme un « déficit de sommeil », l'effet cumulatif d'un repos insuffisant au fil du temps. Et si le changement d'heure peut perturber le sommeil pendant quelques jours, les données suggèrent que l'impact va bien au-delà d'une seule heure perdue. Le changement d'heure semble révéler un problème plus profond, qui dure toute l'année et qui affecte la sécurité, la productivité et la qualité de vie en général – un problème que beaucoup continuent à considérer comme « tout à fait normal ».
Parmi les Canadiens qui souffrent d'un déficit de sommeil, 57 % ont du mal à s'endormir et 71 % ont du mal à rester endormis, signe d'un repos fragmenté persistant plutôt que d'une fatigue occasionnelle. Fait notable, le sommeil perturbé ne se limite pas aux personnes qui se disent en manque de sommeil. Même parmi les Canadiens qui déclarent dormir sept heures ou plus, près des deux tiers (65 %) disent avoir du mal à s'endormir ou à rester endormis. Mentionnons que les Québécois déclarent ressentir de la fatigue et un épuisement dans une proportion de 32 %, ainsi qu'une baisse de productivité dans une proportion de 24 %, en raison du changement d'heure.
Lorsque le déficit de sommeil s'accumule, il peut avoir un impact négatif sur la clarté mentale et la sécurité, avec des conséquences non seulement sur les risques d'accident, les difficultés dans la vie quotidienne, les performances scolaires et professionnelles, mais aussi sur les relations personnelles et interpersonnelles.