Économie

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Élevage de poulet

Le Saguenay-Lac-Saint-Jean pourrait doubler sa production en 2026

Émile Boudreau
Le 09 janvier 2026 — Modifié à 12 h 00 min
Par Émile Boudreau - Journaliste

En 2025, dans la région du Saguenay-Lac-Saint-Jean, la production de poulet s’est établie à 6,4 millions de kilos, soit environ 2,5 millions de poulets, pour une valeur de production estimée à 13 millions de dollars. Selon les Éleveurs de volailles du Québec (EVQ), ce nombre pourrait rapidement augmenter à compter de janvier 2026.

« Pour la région du Saguenay-Lac-Saint-Jean, vous avez quatre producteurs. », explique Benoît Fontaine, président des EVQ. « Vous allez doubler ce nombre parce que les EVQ ont mis en place un système de vente centralisé de quota et la région du Saguenay-Lac-Saint-Jean a été fusionnée avec la région de l’Est-du-Québec. Cela permettra aux éleveurs d’acquérir une plus grande part des quotas. », précise-t-il.

Pour Benoît Fontaine, cette expansion est une excellente nouvelle pour l’industrie de la volaille du Saguenay-Lac-Saint-Jean et se traduira par des retombées économiques concrètes.

« En ayant des fermes prospères en région, on produit de la richesse et l’on crée de l'emploi en région. D'ailleurs, 70 % des gens sur les fermes gagnent plus que le salaire minimum, donc ce sont des emplois bien rémunérés. », souligne-t-il.

Au-delà des producteurs, c’est toute l’économie locale qui bénéficiera de cette croissance selon lui.

« Les camionneurs qui vont partir pour les abattoirs au sud du Québec ou les intrants qui vont aller vers ces fermes-là devront nécessairement s'arrêter à une station-service, consommer, aller au restaurant et peut-être dormir à l'hôtel. C'est toute la région qui en profite! », s’exclame-t-il.

Une popularité grandissante

L’expansion de l’industrie du poulet au Saguenay-Lac-Saint-Jean est anticipé alors que plus du tiers des Québécois citent cette protéine comme leur favorite, soit deux fois plus souvent que le porc, et bien avant le bœuf ou le poisson selon le Portrait 2025 des Québécois et leur poulet, présenté par les EVQ et Poulet du Québec.

« Le poulet est la protéine préférée des Québécois avec plus de 35 kilos consommés par année. Il fait partie de l’ADN culinaire des Québécois et est une viande transgénérationnelle. », affirme Benoît Fontaine.

D’après lui, cette popularité s’explique par la capacité du poulet à évoluer avec les tendances et à répondre aux besoins des consommateurs pressés ou qui sont moins à l’aise à cuisiner les plus grosses pièces de viande. Le poulet se retrouve aussi souvent dans les restaurants du Québec.

« Ce sont des centaines de milliers de poulets qui sont destinés aux rôtisseries au Québec comme Scores, Benny, St-Hubert et Poulet Rouge. », explique Benoît Fontaine.

De plus, selon lui, l’arrivée de nouvelles communautés immigrantes au Québec renforcerait davantage la popularité de cette viande puisqu’une grande partie d’entre elles ne consomment pas de porc ou de bœuf en raison de restrictions religieuses ou culturelles.

L’émergence des alternatives végétales

Malgré la montée en popularité des protéines végétales associée à l’augmentation du nombre de personnes adoptant un mode de vie sans viande dans les dernières années, le poulet conservera sa place d’après Benoît Fontaine.

« Le poulet est beaucoup moins remplacé par les alternatives végétaliennes. D'ailleurs, dans nos sondages, les végétaliens indiquent souvent qu’ils mangent du poulet et des œufs quand même », explique-t-il tout en laissant savoir que les EVQ resteront vigilants.

« Quand la création d'une poitrine de poulet désossée artificielle va arriver sur les tablettes, laissez-moi vous dire que nous allons analyser le tout et que nous allons essayer de reconquérir les gens qui vont opter pour ce produit-là. Si jamais ça arrive, nous allons nous défendre becs et ongles », conclut-il.

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