Le député de Chicoutimi–Le Fjord, Richard Martel, a annoncé sa démission aujourd’hui après sa nomination au Sénat par le premier ministre Mark Carney.
Après huit ans à la Chambre des communes, il rejoindra les rangs des sénateurs aux côtés de trois autres personnes, dont les noms ont été dévoilés aujourd’hui par le cabinet du premier ministre Mark Carney. Sur cette courte liste, en plus du député conservateur, on peut lire les noms du Dr Rodney Ouellette du Nouveau-Brunswick, le Québécois Thomas Pitfield et Geeta Tucker du Manitoba. Leur nomination sera officielle lorsque leur admissibilité aux conditions prévues par la Constitution aura été confirmée, a précisé l’équipe du premier ministre.
Richard Martel est d’ailleurs le seul député de la liste dévoilée aujourd’hui. L’ancien entraîneur des Saguenéens a été élu pour la première fois à la Chambre des communes en 2018 et a été réélu en 2019, 2021 et 2025. Avec son départ, une élection partielle dans la circonscription fédérale de Chicoutimi-Le Fjord devra être tenue d'ici les six prochains mois.
Modernisation du processus de nomination
En parallèle, le premier ministre Mark Carney a annoncé que le processus de nomination au Sénat a été modifié. Le gouvernement a élargi les critères que doivent respecter les nouveaux sénateurs et a notamment supprimé le critère d’impartialité politique.
La connaissance du système décisionnel et législatif des candidats précédemment élus permettrait de « renforcer le Sénat et de le rendre plus efficace », selon le cabinet du premier ministre.
Qu'est-ce qu'un sénateur au Canada?
Moins exposés médiatiquement que les députés fédéraux, les sénateurs jouent pourtant un rôle essentiel au sein du Parlement du Canada. Nommés plutôt qu'élus, ils siègent au Sénat, la chambre haute du Parlement, où leur principale responsabilité consiste à examiner les projets de loi adoptés par la Chambre des communes avant leur entrée en vigueur.
Le Sénat agit comme une « chambre de second examen objectif ». Les sénateurs analysent les textes législatifs, proposent au besoin des amendements et veillent à ce que les lois tiennent compte des intérêts de l'ensemble des régions canadiennes. Ils participent également aux travaux de nombreux comités parlementaires qui étudient des dossiers tels que l'économie, la santé, l'environnement, les affaires autochtones, la sécurité publique ou les finances.
Contrairement aux députés, les sénateurs ne représentent pas une circonscription électorale. Ils n'ont donc pas à solliciter le vote des citoyens. Leur mandat est davantage axé sur l'analyse des lois, la représentation régionale et les études parlementaires.
Un mandat jusqu'à 75 ans
Les sénateurs sont nommés par le gouverneur général sur recommandation du premier ministre du Canada. Depuis 1965, ils demeurent en fonction jusqu'à l'âge obligatoire de 75 ans, à moins de choisir de démissionner avant cette échéance.
Le Sénat compte 105 sièges répartis entre les différentes provinces et régions du pays afin d'assurer une représentation équilibrée des intérêts régionaux.
Un salaire de plus de 190 000 $
En 2026, le salaire annuel de base d'un sénateur canadien s'élève à un peu plus de 190 000 $, soit environ 196 000 $. À cette rémunération peuvent s'ajouter des indemnités pour ceux qui occupent des fonctions particulières, notamment à la présidence de comités ou au sein de la direction du Sénat.
Les sénateurs disposent également d'un budget de fonctionnement pour embaucher du personnel, effectuer leurs déplacements liés à leurs fonctions parlementaires et maintenir un bureau. Comme les autres parlementaires fédéraux, ils bénéficient aussi d'un régime de retraite.
Bien que le Sénat fasse parfois l'objet de débats quant à son rôle et à sa pertinence, ses défenseurs soutiennent qu'il constitue un contrepoids important à la Chambre des communes en offrant un examen plus approfondi des projets de loi, à l'abri des pressions électorales.