En réaction au budget 2026‑2027 du gouvernement du Québec présenté la semaine dernière, le mouvement « Le communautaire à boutte » et le Réseau québécois de l’action communautaire autonome (RQ‑ACA) réclament la tenue urgente d’une table de négociation avec le ou la prochaine première ministre.
Appuyés par plus de 1 500 organismes d’action communautaire autonome répartis dans l’ensemble des régions du Québec, les groupes ont déclenché une grève nationale aujourd’hui, le 23 mars, qui se poursuivra jusqu’au 2 avril. Cette mobilisation vise à dénoncer la détérioration des conditions de travail et le sous-financement auquel font face les organismes communautaires.
« Ça fait des années que le gouvernement nous prend pour acquis. Les 50 000 travailleuses vivent une détresse psychologique, un épuisement généralisé et des conditions salariales indécentes. Combien de groupes devront fermer leur porte pour qu'on soit pris au sérieux? Combien de travailleuses et de travailleurs quitteront le navire, épuisés. Pendant combien de temps devrons-nous encore nous mobiliser? », s'est exclamé Mathieu Gélinas, co-porte-parole du mouvement.
Le mouvement critique également la ministre responsable de la Solidarité sociale et de l’Action communautaire, Chantal Rouleau, à qui il reproche un « manque d’ouverture au dialogue » et une vision du communautaire jugée « déconnectée ».
Du côté du RQ‑ACA, on estime que le financement actuel ne permet pas d’offrir des conditions comparables à celles d’emplois similaires ailleurs au Québec.
« Ce qu'on demande, c'est un financement qui permet d'atteindre la moyenne québécoise pour des emplois similaires. Pour ça, on estime que ça prendrait des investissements additionnels de 2,6 milliards. », a affirmé Caroline Toupin, porte‑parole du Réseau.
Elle souligne également que la crise du financement est une question d’équité, puisque le secteur communautaire est composé majoritairement de femmes, tant parmi les travailleuses que parmi les personnes accompagnées par les organismes.