Le député de Jonquière, Yannick Gagnon, souhaite relancer un projet qui pourrait transformer les déplacements à vélo dans la région du Saguenay.
Il prévoit organiser une rencontre avec le nouveau ministre des Transports et de la Mobilité durable, Benoit Charette, afin de discuter de la mise en place d’un projet pilote portant sur ce que l’on appelle l’« arrêt Idaho », rapporte Radio-Canada.
L’arrêt Idaho permettrait aux cyclistes d’adopter une approche différente aux intersections. Concrètement, cette règle les autoriserait à ralentir à un panneau d’arrêt sans devoir immobiliser complètement leur vélo. Elle leur permettrait aussi de traiter un feu rouge comme un arrêt, à condition qu’aucun autre usager de la route ne soit présent ou ne représente un danger.
Introduite pour la première fois en 1982 dans l’État de l’Idaho, aux États-Unis, cette pratique est depuis utilisée par un grand nombre de cyclistes, y compris sur les routes du Québec.
Selon ses partisans, cette façon de faire contribuerait à améliorer la fluidité de la circulation, en réduisant les arrêts complets pour les cyclistes. Elle permettrait également de diminuer leur temps d’exposition aux intersections, souvent considérées comme des zones à risque accru.
Ce dossier ne date cependant pas d’hier. Avant le récent remaniement ministériel, une première rencontre avait déjà réuni plusieurs intervenants, dont le président-directeur général de Vélo Québec, Jean‑François Rheault, le député Yannick Gagnon, l’ex-ministre des Transports Jonatan Julien, ainsi que le fondateur du Grand défi Pierre Lavoie. Selon le bureau du député de Jonquière, une seconde rencontre est toujours envisagée afin de poursuivre les discussions sur le projet pilote.
Du côté de Vélo Québec, l’idée d’intégrer l’arrêt Idaho au Code de la sécurité routière est défendue depuis plusieurs années. L’organisme estime que la réglementation actuelle ne reflète pas toujours les comportements réels des cyclistes et qu’une révision permettrait d’encadrer une pratique déjà largement répandue.
La proposition bénéficie également d’appuis dans la région. Le directeur général de la Véloroute des Bleuets, David Lecointre, voit dans ce projet pilote une occasion intéressante de faire progresser la mobilité active. Il estime que l’assouplissement de certaines règles pourrait encourager davantage de citoyens à adopter le vélo comme mode de transport, tout en renforçant leur sécurité sur la route.