Culture

Temps de lecture : 2 min 28 s

Pièce présentée à Jonquière

Le roman Querelle de Roberval prend vie au Théâtre La Rubrique

Charles-Antoine Desmeules
Le 09 avril 2026 — Modifié à 15 h 02 min
Par Charles-Antoine Desmeules - Journaliste

Le Théâtre La Rubrique accueillera cette fin de semaine, du 10 au 12 avril, la transposition théâtrale du roman Querelle de Roberval, écrit par l’auteur originaire de la région, Kev Lambert. Dans cette pièce mise en scène par Olivier Arteaut, les lecteurs familiers du roman découvriront les personnages et les éléments bouillonnants de l’histoire sous un angle complètement différent. 

Querelle de Roberval est un roman qui met en scène les journaliers d’une scierie en pleine grève, où les événements font ressortir les injustices et la colère, jusqu’à ce que la lutte bascule dans la violence. 

Le metteur en scène explique ce qui l’a poussé à choisir cette histoire : « Étant originaire de Joliette, j’ai grandi dans une ville où les pneus Bridgestone trônent un peu partout et j’avais également le sentiment de vouloir trouver une œuvre avec un personnage queer qui s’affirme, sans que le récit soit centré sur son émancipation. Querelle, c’est juste un homme gay qui vit son quotidien, mais dont la présence et la sexualité dérangent. C’est la première fois que je vois les répercussions de l’homophobie vues non pas par la personne concernée, mais par son entourage. » 

Il ajoute que la pièce explore également des thèmes qui lui tiennent à cœur : « Je voulais parler de la solidarité : est‑elle encore possible aujourd’hui ? Sommes-nous capables de nous réunir autour d’objectifs communs pour défendre des enjeux sociaux ? » Deux sujets principaux ont guidé l’adaptation : la présence queer et la question de la violence portée par un corps de femme, un angle qui n’était pas l’objectif premier du roman mais qui enrichit la transposition sur scène. 

Dans la pièce, l’histoire de Querelle est racontée par Jésabelle, qui narre l’ensemble du récit. Cette approche change la posture du roman et met moins l’accent sur Querelle lui-même. Le cœur de la scierie où se déroule l’action est occupé par des travailleurs de tous horizons : hommes, femmes, personnes autochtones, personnes âgées, homosexuelles… « C’est particulier d’avoir le point de vue d’autant de gens sur une grève. Le regard est tellement multiple, c’est comme un activisme qui s’élargit, car il y a plein d’angles morts dans le fait d’être autochtone et de travailler pour une compagnie qui coupe le bois, par exemple », précise Olivier Arteaut. 

Dans chaque région visitée par Olivier et sa troupe, certains comédiens présents sur scène sont originaires de l’endroit. Pour le Saguenay–Lac-Saint-Jean, des comédiens tels que Marco Collin seront ainsi de la distribution. 

Après avoir rencontré M. Collin, le metteur en scène a souhaité donner davantage d’importance aux personnages autochtones présents dans Querelle de Roberval. « La présence de Marco, par le biais du Théâtre La Rubrique, a beaucoup fait pivoter l’histoire et la posture autochtone dans le récit. Il s’est créé un lien d’attachement, et j’avais envie qu’on puisse en témoigner davantage. Alors autant en profiter pendant qu’il est avec nous afin de parler de son récit, de leurs perspectives et de leurs luttes actuelles », explique Olivier Arteaut. 

Maintenant en fin de parcours, le spectacle n’a plus que les représentations de Jonquière et celles de Montréal, prévues du 30 mai au 2 juin prochain. Interpréter Querelle de Roberval dans la région qui a vu naître le récit devient ainsi un point culminant de la tournée. 

« Ça me touche davantage de se dire : après tout ce passage à Québec, Sherbrooke, Abitibi… on va débarquer à Jonquière et on va vraiment parler du coin, nommer des lieux et un territoire habité par les gens devant qui nous sommes présents, avec des interprètes qui ont grandi ici. C’est un élément assez décisif et important dans le parcours de l’œuvre », conclut-il. 

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