Récemment, Vauvert, mon coin de pays dans le haut du lac, a mangé toute une volée. Il y a quelques semaines à peine, la foudre réduisait en cendre la chapelle. Les pompiers qui ont combattu les flammes une bonne partie de la nuit n’ont eu que très peu de temps pour reprendre leur souffle que la tempête s’est abattue de nouveau sur le secteur, détruisant des corridors de forêt, des arbres tombés partout, sur les bâtiments, sur le chemin et les fils électriques.
J'étais dans le boisé derrière chez moi quand le squall est arrivé. J'ai trouvé que le phénomène s'apparentait dangereusement à l'île mystérieuse dans LOST. Des arbres secoués par grappes par ce qui semble être une force surnaturelle, comme si quelque chose d’invisible traversait la forêt. Et les craquements, il faut avoir entendus une fois pour comprendre.
Un arbre qui se rompt à côté de toi, je te le jure, tu le ressens jusque dans le fond des tripes.
On parle de microrafales et de vents pouvant dépasser les 100 km/h. Des poteaux d’hydro cassés, des panneaux de signalisation tordus, le paysage a été ravagé et plusieurs installations y ont goûté.
On a passé plusieurs jours sans électricité, dans la chaleur humide et accablante, humide et accablante… La répétition est voulue et importante, parce qu’il a fait chaud sur un moyen temps avec, en bonus, un minimum de 40 moustiques par mètre cube. Mais ce n’est pas de l’inconfort que je veux parler.
Et au travers de la tourmente, les pompiers. Les employés de la voirie. Les émondeurs. Les équipes de l’hydro. Ceux qui ont passé des journées à dégager des routes, couper des arbres, libérer des fils électriques et remettre quartier debout.
L’eau me pissait dans le dos juste à exister, et eux, ils soulevaient des troncs. Avec des pantalons de protection, des casques, des bottes, des gants.
On a beaucoup parlé des olympiens l’hiver dernier. On admire ceux qui patinent vite, qui visent juste ou qui sautent haut. C’est ben correct, mais mes olympiens cette semaine, ils avaient une scie mécanique dans les mains.
Les épisodes météo extrême risquent de devenir plus fréquents, les climatologues nous le répètent. On a pas fini d’avoir besoin des olympiens du quotidien, et sincèrement, je veux rendre un hommage à tous ceux qui contribuent à remettre le monde en ordre quand le chaos arrive.
Il faut une sacrée vocation pour répondre présent à chaque fois. Not all heroes wear capes.
(Permettez-moi ce jeu de mot, je suis fatiguée : Tous les héros ne portent pas de capes, mais des fois ils portent des bottes à cap. Hihi. Ok. Dodo.)