7 ans après la première exposition à Jonquière, Pascal Normand expose Devoir de mémoire et d'identité sur le cadre bâti à la galerie d’art du Cégep de Jonquière. Avec cette série d’œuvres sur le patrimoine bâti, l’artiste intéresse autant les jeunes que les moins jeunes.
Originaire de Québec, Pascal Normand crée des œuvres à partir de photographies prises de nuit. Sa technique unique se traduit en plusieurs étapes. Après la prise de vues, l’artiste s’adonne à un travail numérique puis imprime son image. Celle-ci est ensuite travaillée à la peinture.
Retour à Jonquière
Après avoir envoyé un dossier de candidature qui a été accepté par le Cégep de Jonquière, l’artiste est revenu dans la région pour exposer ses œuvres. Ce sont les professeurs en arts qui ont pris en main l’organisation de l’exposition et le vernissage.
« Malgré la distance, je trouvais ça quand même intéressant d'éloigner un petit peu mon champ de visibilité », dit Pascal Normand qui voyait l’intérêt d’exposer dans un établissement qui propose un programme d’étude en arts. « Je savais que j'allais rencontrer des étudiants, je savais qu'il allait y avoir un contact particulier avec des jeunes qui sont en apprentissage et que moi, j'allais pouvoir échanger avec eux », confie l’artiste.
Avec un vernissage qui a rassemblé une belle partie de la communauté étudiante, Pascal Normand a constaté un vif intérêt de la part des jeunes. Un intérêt qui s’explique aussi par leur domaine d’étude. « Les jeunes apprécient souvent mon travail, je pense, en raison du côté moderne, moderne, urbain, le côté un peu aventurier, aventureux de mon travail, peut-être », explique-t-il.
L’artiste a été surpris du nombre de questionnements qu’a suscité son travail chez les plus jeunes, surtout au niveau de sa technique. « La clientèle plus âgée va avoir davantage un rapport à la nostalgie à travers mon travail, parce qu'ils vont avoir connu tel ou tel lieu. Les plus jeunes sont davantage intéressés un peu plus à la technique, un peu plus à savoir où est le lieu, parce qu'ils sont moins portés à le connaître déjà au départ », raconte l’artiste visuel.
Le patrimoine comme lien universel
Cette exposition représente l’ADN même du travail de Pascal Normand : « C’est la thématique un peu directrice de ma démarche artistique », dit-il. On y retrouve des œuvres centrées sur le patrimoine bâti, les milieux urbains et industriels auxquels les visiteurs s’identifient facilement : « Je l'ai bien senti lors du vernissage, les gens vont faire un lien facile et spontané, même s'ils ne connaissent pas le lieu que moi je représente, mais avec un lieu un peu similaire, un peu dans le même esprit, mais dans leur région à eux », raconte l’artiste.
Un sujet qui trouve sa source à Montréal
Originaire de Québec et ayant vécu plus de 20 ans à Montréal, la métropole québécoise a largement inspiré Pascal Normand : « Il y a beaucoup de secteurs fragmentés, fracturés par des voies ferrées, par des bâtiments industriels qui restent encore. Puis aussi les textures, beaucoup de bâtiments d'une autre époque ont été construits par un savoir-faire manuel », explique-t-il.
L’artiste a toujours aimé sortir des sentiers battus. « Quand j'étais en voiture, quand j'étais petit, garçon, mon père conduisait d'un point A au point B. Puis un papa, ça prend l'autoroute parce que ça va vite et c'est efficace. Mais moi, j'étais toujours curieux de passer par des chemins, des routes autres, plus lentes, mais qui me permettaient de voir de nouvelles choses », confie Pascal Normand.
« Les sujets auxquels moi je m'intéresse, bien souvent, c'est un peu la même chose : parfois, ils vont être clôturés, inaccessibles. J'ai la curiosité de passer par, de sortir du sentier habituel, passer par-dessus la clôture, d'aller voir de quelle façon il peut y avoir intérêt à découvrir certains bâtiments, mais sous des angles différents », complète-t-il.
Une technique unique
Au début des années 2000, avec une technique bien à lui, Pascal Normand a intégré des logiciels de photomontage à son travail. « Mais à l’époque, il y avait quelque chose d'un peu péjoratif, si on veut, avec l’utilisation de ce genre de logiciel, à l'époque, quand on parlait de Photoshoper, ça n'avait pas une très grande noblesse d'âme. C'était davantage, à la limite, péjoratif ou de l'ordre de la tricherie », confie-t-il.
L’artiste a profité de ses expositions pour « expliquer » son art. « Parce qu'on sait que parfois, quand quelque chose est un peu repoussé par une masse, c'est souvent parce que c'est un manque de compréhension. Donc, on accepte moins parce qu'on comprend moins », explique-t-il.
