Dimanche, 16 juin 2024

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Les mécènes à la rescousse

Le 19 décembre 2022 — Modifié à 13 h 36 min le 19 décembre 2022
Par Mélyna Girard

Chronique

Il suffit de se promener un peu partout à travers le Québec pour constater que Saguenay est vraiment en retard en matière d’infrastructures, notamment sportives, et le budget déposé mardi a malheureusement confirmé mes craintes.

Augmentation de 4,86 %, entre autres pour compenser le gel électoraliste de Mme Dufour l’an dernier, une dette qui monte à 545 millions et encore aucune provision pour l’aréna et les piscines.

J’ai écrit récemment dans cette colonne que dans l’état actuel des finances de la ville, il faudrait au moins deux autres mandats, donc un horizon de 8 à 10 ans, si tout va bien, pour espérer la construction d’un nouveau Centre Georges-Vézina et d’un nouveau complexe aquatique. Je le crois toujours. Le constat est tout simplement là : Saguenay a raté la coche.

À moins que…

Il y a quelques jours un groupe d’entrepreneurs mené par l’homme d’affaires Éric Desbiens de Conformit a offert de prendre en charge la construction et l’administration du nouvel aréna à Saguenay, via un OBNL et un partenariat avec la municipalité, qui serait invitée à céder le terrain du Centre Georges-Vézina. Une démarche citoyenne ayant comme objectif d’aménager au plus tôt un complexe de deux glaces, notamment pour combler les besoins du hockey mineur et des Saguenéens.

Il faut saluer cette initiative et l’accueillir avec tout le sérieux qu’elle mérite. Comme on dit, on est rendu là. De tels partenariats sont déjà concluants ailleurs. On peut déjà s’estimer chanceux que des citoyens ayant réussi dans leurs affaires et bénéficiant d’une certaine aisance financière offrent de s’impliquer pour prendre en charge et mener à bien les projets comme celui de l’aréna, qui traine en longueur depuis trop longtemps. Éric Desbiens et ses partenaires sont des gens qui savent compter. Pouvoir tirer parti de leur expertise, c’est de l’argent ramassé à terre.

Il n’y a aucune honte à acquiescer à l’offre de mécènes. Voyons ça plus largement. Est-ce qu’on s’est indigné lorsqu’on a inauguré le nouveau Pavillon Famille Coutu à l’hôpital Sainte-Justine, financé par la famille du célèbre pharmacien? A-t-on dit non à la riche héritière de la famille Bronfman (Seagram) Phyllis Lambert lorsqu’elle décida de consacrer une grande partie de sa fortune pour la création du Centre canadien d’architecture? Croyez-vous que le Musée des beaux-arts serait ce qu’il est sans mécénat et sans les prêts de collections privées? Le fait est que le concours des philanthropes pèse des milliards dans l’économie du Québec.

D’après mes sources, à l’interne, certains élus de Saguenay hésitent à appuyer l’idée de peur de perdre le contrôle, notamment parce que les promoteurs souhaiteraient gérer les revenus de location. Tout cela se négocie.

Pour les piscines, il semble que la planche de salut passe par le projet de l’UQAC et du Cégep. Encore là, un entrepreneur (social), Pierre Lavoie, offre son aide pour développer un complexe de deux piscines (l’une d’eau « chaude » pour les personnes âgées et enfants en bas âge, l’autre d’eau «froide» pour les entraînements). Pierre a depuis longtemps obtenu ses lettres de noblesse en faisant du Grand Défi un succès national. À Chicoutimi, les adultes n’ont aucune plage de nage en longueur outre le midi, et les piscines actuelles arrivent à la fin de leur

vie utile.

Alors soit on attend après la ville et on s’en reparle dans 10 ans, soit on embarque avec eux.

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