Les sentiers du Cap des Roches, à Saint-Fulgence, prennent une tout autre dimension lorsque l’on sait quoi observer. Depuis cet été, une nouvelle activité permet aux amateurs de plein air de découvrir et d’identifier les plantes boréales qui poussent tout près d’eux.
L’initiative est celle de Roxane Simard, propriétaire et fondatrice de L’Achillée, une entreprise qui souhaite notamment amener la population à porter un regard différent sur la forêt et les végétaux qui l’entourent.
D’une durée de trois heures, l’excursion guidée permet aux participants de se familiariser avec les plantes présentes dans les sentiers, selon la période de l’année. Une quinzaine de personnes ont pris part à l’une des activités proposées cet été, découvrant au passage plus d’une vingtaine de plantes.
Au fil de la randonnée, Roxane Simard présente les différentes propriétés des végétaux observés et explique comment certains peuvent être utilisés, notamment en cuisine ou pour leurs propriétés médicinales.
Des arbres bien connus comme l’épinette noire et le cèdre peuvent, par exemple, servir à préparer des tisanes utilisées pour soulager certains symptômes associés au début d’un rhume ou d’une grippe.
« On est habitués de marcher en forêt. De plus en plus, il y a tellement d’accent qui est mis sur l’activité physique, le plein air, les choses comme ça, mais on n’apprend plus. Ce n’est plus dans l’éducation des gens de savoir ce qu’on peut faire avec les plantes qui sont à notre portée, qui nous entourent. Donc, mon but, c’est vraiment de venir changer le regard des gens et de leur donner la chance d’en savoir plus », explique-t-elle.
Une passion pour les végétaux
Derrière cette volonté de transmettre ses connaissances se trouve une passion pour les végétaux qui s’est développée au fil du parcours de Roxane Simard.
La fondatrice de L’Achillée possède une formation en agriculture, acquise à l’Institut de technologie agroalimentaire de Saint-Hyacinthe. Elle a également étudié en horticulture, une formation qui lui a permis d’approfondir ses connaissances sur les végétaux, le cycle des saisons et la santé des sols.
Son entreprise se spécialise principalement dans la cueillette sauvage. Les plantes récoltées servent ensuite à confectionner différents produits, notamment des tisanes.
Avant de penser à remplir son panier, Roxane Simard insiste toutefois sur l’importance de savoir reconnaître les plantes et de les identifier correctement. La sécurité occupe ainsi une place centrale dans ses activités, qui visent à donner aux participants les connaissances et la confiance nécessaires pour s’initier à la cueillette sauvage de façon sécuritaire.
« C’est surtout ça qui retient les gens de commencer à faire la cueillette sauvage, parce qu’ils ont peur de se tromper, ils ont peur de s’empoisonner, étant donné qu’on n’a plus les connaissances nécessaires pour faire ça. Ça crée un blocage », constate-t-elle.
Selon elle, la cueillette sauvage est pourtant beaucoup plus accessible qu’on pourrait le croire.
« Souvent, dans notre éducation, on se fait dire : “Touche pas à ça, touche pas à tout ce qui est sauvage parce que tu risques de t’intoxiquer”, mais au fond, il y a plus de plantes qui ont des propriétés qui nous permettent d’en faire quelque chose et de les cuisiner que de plantes qui pourraient être potentiellement dangereuses pour nous. »
Retrouver un lien avec la nature
Au-delà de la découverte des végétaux et de leurs usages, Roxane Simard souhaite surtout favoriser un rapprochement entre les gens et leur environnement.
Elle estime qu’une meilleure connaissance des plantes qui nous entourent peut contribuer à développer un sentiment d’appartenance à la nature et à mieux comprendre sa richesse.
« On vit dans un monde où l’information est tellement toujours à portée de main, elle est partout, et c’est dur de se démêler et de commencer. L’activité permet de faire un premier pas, et ça, c’est vraiment ma mission. Pas juste parce qu’on peut faire des choses avec les plantes et en extraire quelque chose, mais parce que plus de gens vont être conscients de la nature, de ses richesses. »
Pour elle, cette reconnexion avec l’environnement peut aussi avoir des effets à plus long terme.
« On dirait que tu te sens plus connecté avec l’environnement et c’est bon sur le long terme. On parle beaucoup de crise climatique, mais on se sent détachés, et ça, ça vient aider », ajoute-t-elle.
Cette approche semble avoir trouvé écho auprès des participants. Lors de l’activité du 22 août dernier, plusieurs ont confié qu’ils ne regarderaient désormais plus les sentiers de la même façon. Certains se disaient même déjà impatients de parcourir leur propre terrain afin d’y retrouver des plantes découvertes durant la randonnée.
Bien que les activités s’adressent principalement aux adultes, les jeunes peuvent également prendre part aux séances d’identification des plantes.
Roxane Simard tiendra une dernière journée d’immersion le 5 septembre prochain. Au printemps, elle propose également un atelier consacré à la cueillette sauvage, où les participants peuvent apprendre à récolter et à transformer les plantes afin de les intégrer davantage à leur quotidien.