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Le milieu communautaire déçu de sa rencontre avec la première ministre

Le 27 août 2026 — Modifié à 11 h 00 min
Par Émile Boudreau - Journaliste

Après plus de 100 jours de mobilisation, le Réseau québécois de l'action communautaire autonome (RQ-ACA) et le mouvement Le communautaire à boutte ont finalement rencontré la première ministre Christine Fréchette mardi.

Une rencontre qui n'a toutefois pas répondu aux attentes du milieu communautaire, qui réclamait des engagements financiers majeurs pour faire face à ce qu'il qualifie de crise.

Depuis la grève menée au printemps par près de 1 900 organismes communautaires autonomes, le secteur attendait des gestes concrets de la part du gouvernement. Le mouvement avait d’ailleurs culminé avec une manifestation rassemblant quelque 10 000 personnes devant l'Assemblée nationale, ainsi qu'une motion adoptée à l'unanimité par les députés reconnaissant l'urgence d'agir en faveur du milieu communautaire.

Or, à l'approche du déclenchement de la campagne électorale, le RQ-ACA affirme être ressorti déçu de sa rencontre avec la première ministre. « Le constat est sans appel : le gouvernement refuse d'en faire plus, alors que le milieu communautaire autonome s'écroule. », souligne l’organisme dans un communiqué.

Selon le Réseau, Christine Fréchette aurait refusé de donner suite à plusieurs revendications jugées prioritaires par le milieu communautaire, notamment la création d'un fonds d'urgence de 360 millions de dollars, l'indexation annuelle des coûts de fonctionnement des organismes communautaires ainsi qu'un plan de rattrapage salarial visant à rapprocher les conditions des travailleurs communautaires de la moyenne québécoise.

« Ce n'est pas une question de moyens, c'est une question de choix politiques. Nos burn-outs sont politiques. Nos manques de ressources sont politiques. », explique Mathieu Gélinas, co-porte-parole du mouvement Le communautaire à boutte.

Le milieu communautaire interpelle les partis

Alors que la campagne électorale doit être lancée dans les prochaines heures, le RQ-ACA entend faire de ses revendications un enjeu électoral et interpelle l'ensemble des formations politiques sur leurs engagements envers le milieu communautaire autonome.

« Tous les partis ont intérêt à s'engager envers le milieu communautaire. La société québécoise ne peut plus se permettre de laisser les groupes s'épuiser et disparaître alors qu'ils jouent un rôle central dans notre capacité à faire face aux besoins criants de la population. », insiste Tristan Ouimet Savard, porte-parole du RQ-ACA.

« Le 15 et le 23 septembre, on sera dans la rue »

Le mouvement communautaire prévoit poursuivre ses actions au cours des prochaines semaines. Une manifestation nationale est prévue le 15 septembre à Trois-Rivières afin d'envoyer, selon les organisateurs, « un signal clair » aux partis en lice.

Les groupes communautaires comptent également se mobiliser le 23 septembre à 18 h 30 devant les installations de Radio-Canada, à l'occasion du débat des chefs. « Le prochain gouvernement devra répondre. Dans l'urgence et à la hauteur des besoins. », conclu le RQ-ACA.

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