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Denis Joubert, un pionnier de l’acupuncture encore actif à 69 ans

Jean-François Desbiens
Le 20 mars 2023 — Modifié à 09 h 42 min le 20 mars 2023
Par Jean-François Desbiens - Journaliste

Denis Joubert, un pionnier de l’acupuncture encore actif à 69 ans

Denis Joubert a beau être âgé de 69 ans, il a toujours la piqûre pour l’acupuncture. Plus de 40 ans après s’être installé à Chicoutimi, l’acupuncteur reçoit encore des patients dans sa clinique du boulevard Jacques-Cartier.

Celui qui est probablement le doyen des acupuncteurs dans la région est intarissable quand on l’interroge sur l’efficacité de ses traitements, que certains associent à de la pseudo-science.

« Si la médecine chinoise qui a plus de 5 000 ans n’avait pas ses lettres de noblesse, elle n’existerait plus aujourd’hui. Ce n’est pas parce que ce n’est pas prouvé scientifiquement que ce n’est pas efficace. On ne peut pas tout prouver, mais quand ça marche, ça marche. Il y a des évidences. J’ai une liste d’attente de 6 mois et j’ai autour de 2 500 dossiers. Je n’ai jamais eu besoin de faire de la publicité. »

Natif de la Côte-Nord, Denis Joubert a d’abord étudié à l’Université de Montréal puis a complété une formation de 3 ans à l’Institut international de médecine traditionnelle chinoise, avant de suivre sa conjointe native de la région.

Mécanismes de la douleur

« J’ai d’abord fait des études médicales en sciences de la santé. Je suis neurophysiologiste. Je voulais d’abord comprendre les mécanismes de la douleur, puis j’ai voulu aller plus loin pour la traiter. Je suis allé étudier à l’Université de Lille en France où l’acupuncture était déjà reconnue. C’est là que j’ai vu que les cas que la médecine traditionnelle n’arrivait pas à contrôler, on les traitait avec succès par acupuncture. On obtenait des résultats, dans certains cas des améliorations de 75 à 80 %. Quand je suis revenu au Québec, j’ai suivi une formation. »

L’acupuncture, ce n’est pas sorcier, mais c’est chinois aime dire Denis Joubert. C’est une médecine qui consiste à insérer des aiguilles sur des points spécifiques du corps pour régler des déséquilibres et rétablir la santé.

« On agit sur les mécanismes de modulation de la douleur pour lui fermer la porte et la diminuer. En stimulant un point au niveau du cerveau, on stimule un neurotransmetteur qui a un effet analgésique. On peut ainsi soulager par exemple les troubles fonctionnels comme le stress, l’anxiété, les troubles de la digestion. Il y a beaucoup de champs d’action. L’acupuncture a aussi démontré son efficacité pour favoriser le sevrage lors des cures de désintoxication, arrêter de fumer ou contrer les problèmes musculaires. »

Ordre professionnel

Au fil des années, il a participé à la naissance de l’Ordre professionnel des acupuncteurs en 1985 dont il faut être membre depuis pour avoir un permis.

Denis Joubert est également bien connu pour avoir enseigné la pratique de la médecine traditionnelle chinoise pendant 25 ans et a donné plusieurs conférences sur le sujet. Grâce à la technologie, les acupuncteurs d’aujourd’hui ont maintenant de meilleurs outils pour agir selon lui.

L’acupuncture étend également son champ d’influence.

« Avec l’imagerie médicale maintenant, on peut être plus précis. On poncture un point et on va voir dans le cerveau avec des IRM en 3D pour savoir visuellement ce qui se passe avec les stimulis enregistrés. On n’avait pas ces outils avant. Ce sont des crayons électroniques qui détectent les bons points pour piquer qui sont efficaces. Quant à l’avenir, je pense qu’on s’en va maintenant vers une médecine intégrative. La médecine chinoise est maintenant intégrée dans les départements d’oncologie et d’obstétrique dans des hôpitaux. Même la médecine vétérinaire l’utilise de plus en plus. »

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