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Faucher et Bergeron menacé de fermeture après 56 ans d’existence

Jean-François Desbiens
Le 02 mars 2023 — Modifié à 09 h 47 min le 02 mars 2023
Par Jean-François Desbiens - Journaliste

Faucher et Bergeron menacé de fermeture après 56 ans d’existence

Après 56 ans d’existence, Faucher & Bergeron pourrait bientôt disparaître du paysage saguenéen. « Ça ne marche plus beaucoup la fourrure », a confié au Réveil sa co-propriétaire, Hélène Bergeron.

La fille de l’ex-cofondateur de l’entreprise, qui dirige aujourd’hui le plus important magasin de manteaux de la région, situé sur la rue des Champs-Élysées à Chicoutimi, a maintenant 71 ans. Son conjoint Gratien Maltais, qui la seconde, a 75 ans.

Ils n’ont pas de relève et doutent de pouvoir vendre le commerce.

« On est rendu à un certain âge et je pense qu’il y aura une fin prochainement. On va prendre notre retraite. Je ne pense pas qu’on soit en mesure de trouver un acheteur. Ce serait agréable bien sûr et on l’espère. Il y a encore de bonnes années à faire si on veut travailler fort, mais c’est difficile. Même au niveau de la main-d’œuvre, il faut qu’elle soit qualifiée et c’est dur à trouver. À ma connaissance, il n’y a plus de formation. »

Hélène Bergeron le reconnaît : les affaires ne vont plus aussi bien qu’avant et comme elle voudrait.

« C’est certain que le commerce en général, c’est difficile actuellement. Nous, on s’est diversifié. On n’est plus uniquement dans la fourrure, mais on vend aussi des manteaux printemps, automne et hiver. On a également une vaste gamme de produits. On offre par exemple des imperméables, des lainages, des duvets et des agneaux renversés. Des gants et des chapeaux aussi. Les besoins ont changé. »

Plusieurs facteurs

L’intérêt pour les manteaux de fourrure a grandement diminué en raison de plusieurs facteurs selon elle. Ça ne s’est pas transmis de génération en génération et elle blâme aussi le discours actuel de « prétendus écolos ».

« Nos mères et nos pères aimaient beaucoup ça la fourrure et moi, j’ai été élevée avec un manteau de fourrure sur le dos. Mon père était dans ce domaine et j’adore ça. Il n’y a rien de mieux que la fourrure en hiver. C’est naturel, confortable et contrairement à ce que certains disent, c’est vraiment biodégradable. Les anti-fourrures tiennent des discours qui ne sont pas vrais du tout. »

Plusieurs jeunes ont aujourd’hui une perception négative d’un matériau pourtant noble à son avis.

« Les jeunes femmes ont vraiment le discours écolo. Elles ont l’impression que c’est néfaste, que ce n’est pas bon la fourrure. C’est pourtant naturel à 100 % et écologique. C’est aussi transformable durant des années quand c’est conservé en bon état. Ça devient un investissement. Il n’y a que la fourrure qu’on peut travailler comme ça. Quant au prix, il y a bien d’autres manteaux qui sont dispendieux. Les manteaux de duvet, c’est comparable à la fourrure. »

Hélène Bergeron déplore que certaines personnes boudent également ainsi une industrie qui a marqué l’histoire du pays.

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