Mercredi, 28 février 2024

Actualités

Temps de lecture : 1 min 42 s

« On s’était promis qu’un jour on dénoncerait notre agresseur »

Denis Hudon
Le 01 septembre 2022 — Modifié à 09 h 48 min le 01 septembre 2022
Par Denis Hudon - Journaliste de l'Initiative de journalisme local

« On s’était promis qu’un jour on dénoncerait notre agresseur »

C’est en lisant un livre de Jeannette Bertrand, même toute petite, que Suzanne Tremblay a commencé à comprendre que ce qu’elle vivait n’était pas normal.

« C’est alors que j’ai commencé à comprendre et que j’ai pu mettre enfin des mots et en parler autour de moi. Comme j’étais un enfant à l’imagination assez fertile et aussi un peu malcommode, ç’a pris un certain temps avant qu’on me croie. Un prêtre pédophile, ça ne se pouvait tout simplement pas. Mais ma mère m’a toujours supportée. J’ai été malade, je cessais de rire, je m’isolais de plus en plus. Mon entourage a bien vu que ça n’allait pas. ».

Paul-André Harvey a finalement quitté sa paroisse jonquiéroise en 1969, mais il a été transféré dans plusieurs autres au fil des années.

« Avec une amie qui vivait elle aussi les abus du prêtre, on s’était promis un jour qu’on dénoncerait notre agresseur. C’était un genre de pacte. Ça n’a pas été facile, ç’a pris 48 ans. J’ai essayé à 18 ans, puis à 26 ans, puis à 37 ans. En 2010, mon amie a rencontré les policiers et ils m’ont par la suite rencontrée. Le temps était venu d’honorer la promesse que nous nous étions faites enfants », raconte Suzanne Tremblay.

Briser le silence

S’en est suivie une longue enquête de près de deux ans. Suzanne Tremblay ne veut pas que ça s’arrête-là. Même si ce n’est pas facile, il faut, dit-elle, que les victimes d’abus sexuels commis par l’Église et par des prêtres dénoncent les agresseurs. « Les coupables devront répondre de leurs actes ».

Suzanne Tremblay est la présidente de l’Association des jeunes victimes de l’Église.

« Les victimes, et elles sont très nombreuses encore, doivent briser le silence. Il faut dénoncer, c’est un mécanisme de rétablissement, même si ça ne pourra jamais apporter la guérison. On porte les séquelles toute sa vie. »

C’est pour cette raison que Suzanne Tremblay a accepté, finalement, de témoigner et de participer à la série documentaire de quatre émissions Priez pour nous. Elle rend hommage d’ailleurs au réalisateur Jean-François Poisson et à toute son équipe.

« Ce sont des personnes tellement bienveillantes. Le tournage a été fait avec un grand respect. Il faut que cessent les abus sexuels. En attendant, il y a encore de nombreuses victimes qui gardent ça en dedans et si la série peut les aider et les encourager à dénoncer leur agresseur, la série aura vraiment servi à quelque chose et aura été très utile. »

 

 

Abonnez-vous à nos infolettres

CONSULTEZ NOS ARCHIVES