Vendredi, 19 avril 2024

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Suzanne Tremblay veut aider les victimes à franchir le pas

Denis Hudon
Le 01 septembre 2022 — Modifié à 09 h 40 min le 01 septembre 2022
Par Denis Hudon - Journaliste de l'Initiative de journalisme local

Suzanne Tremblay continue de se battre pour les victimes qui, comme elle, ont subi des sévices sexuels commis par des religieux. Elle invite les victimes à ne pas hésiter à dénoncer leurs agresseurs et à ne jamais renoncer.

La Saguenéenne est l’une des sept victimes qui témoignent dans la série documentaire Priez pour nous, diffusée à la télé depuis la semaine dernière à Canal D et sur Crave.

Elle avait à peine 6 ans, lorsqu’elle a commencé à subir les premiers abus sexuels du prêtre Paul-André Harvey, qui a été condamné en 2015 à une peine de six ans de détention dans une prison fédérale. Il avait été reconnu coupable de nombreuses agressions à caractère sexuel (commises entre 1963 et 1995) envers plusieurs dizaines de victimes, la plupart âgées de 6 à 12 ans. Il est décédé en mai 2018, à l’âge de 81 ans.

Suzanne Tremblay se rappelle que Paul-André Harvey était un habitué de la maison.

« Il était un proche de la famille, par l’intermédiaire d’un couple d’amis de mes parents. Il venait souvent à la maison. Mes parents avaient aussi des commerces. Il avait facilement ses entrées. Dès l’âge de la maternelle, il a commencé à m’asseoir sur ses genoux. À chaque fois qu’il me voyait, il me prenait sur ses genoux et ma mère n’aimait pas cela et elle le lui disait. »

Dès lors où Paul-André Harvey a été ordonné prêtre, Suzanne Tremblay dit que c’est à ce moment que son calvaire a véritablement commencé.

L’abbé regroupait les jeunes de la chorale de l’église, chez les scouts, allait au cinéma avec eux, les accompagnait même dans la cour d’école. Il avait accès à tous les lieux où se retrouvaient les enfants.

« Il savait toujours où nous allions »

« Il venait me chercher à la maison pour que je participe à des activités de groupes. Il m’a fait entrer dans le mouvement des Jeannettes, alors je n’avais même pas l’âge. Il n’arrêtait pas d’insister auprès de ma mère en lui disant qu’il serait là pour veiller sur moi. Ses années comme aumônier des Jeannettes, ça été la pire des périodes. Il entrait dans nos sacs de couchage », se souvient parfaitement Suzanne Tremblay.

L’abbé disait à sa mère qu’il viendrait lui-même reconduire la petite de l’école à la maison.

« Mais il faisait un détour par le presbytère, disant vouloir me montrer son bureau. C’était un prétexte pour porter des gestes à caractère sexuel. Ça s’est échelonné de 1963 à 1969. Les agressions et les attouchements se passaient dans l’église, dans la sacristie, dans son bureau, dans sa chambre... Ma mère s’inquiétait de voir que l’abbé prenait autant de temps avant de me ramener à la maison, mais il avait toujours un prétexte. »

Ce qui étonne le plus, c’est que le prêtre savait toujours où étaient les enfants. Le mystère demeure toujours.

« Je n’ai jamais su comment il s’y prenait ».

 

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