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Cercles de fermières : Un héritage toujours actuel

Le 31 mai 2022 — Modifié à 16 h 21 min le 31 mai 2022
Par Julien B. Gauthier

« Il y a quelque chose qui est dans notre sang, dans nos traditions », raconte Martine Bergeron. Chaque semaine, les fermières du Cercle de Saint-Rosaire de Jonquière se réunissent pour partager leur savoir-faire. Environ 80 ans après la création de leur association, elles font perdurer leur héritage, tout en l’ancrant dans les préoccupations actuelles.

Au pavillon Saint-Laurent, quartier général du Cercle de fermières Saint-Rosaire de Jonquière, Michèle Turcotte et Martine Bergeron s’activent derrière leurs métiers à tisser. Les deux femmes ont intégré le Cercle, respectivement il y a vingt-deux ans et huit ans, pour apprendre ce savoir-faire ancestral et le perpétuer.

« On voyait nos grand-mères tisser, on voulait apprendre à le faire à notre tour », raconte Michèle Turcotte.

Martine et Michèle ne sont certainement pas les premières à avoir acquis cette connaissance au sein d’un cercle. Depuis plus de 100 ans, les femmes partagent leur savoir dans ces regroupements, qui était les premières associations féminines au Québec au moment de leur fondation. Le premier s’est établi en 1915 à Chicoutimi et celui de Saint-Rosaire s’est constitué en 1939. Les Cercles avaient alors pour but de faire sortir les femmes des maisons tout en préservant le patrimoine artisanal.

Des missions qui ont évolué avec le temps, mais dont les fondamentaux sont restés les mêmes.

« La transmission, l’entraide et le partage sont toujours au cœur de notre activité », précise la présidente du cercle de Saint-Rosaire de Jonquière, Linda Ménard.

Le Cercle résonne avec les luttes actuelles

Comme à ses débuts, le Cercle continue d’œuvrer pour offrir de meilleures conditions de vie aux femmes.

« Il est certain que ce n’est pas le même contexte. Aujourd’hui, la plupart ont un travail en dehors de la maison, mais il reste que notre association est toujours un lieu de socialisation important, surtout pour les retraitées. »

Les Cercles de fermières restent des groupes emblématiques du concept de sororité : « les fermières sont un mouvement féminin, un lieu sûr, pour toutes les femmes. » Une mission qui résonne particulièrement avec les revendications féministes actuelles. De même, l’objectif de préservation de l’artisanat s’accorde avec les préoccupations environnementales.   Selon Michèle Turcotte, « les piliers du cercle sont toujours d’actualité. »

Enrichir le patrimoine

La modernisation du mouvement ne concerne pas seulement ses grandes aspirations, mais aussi son travail concret. Car si la notion d’héritage est au cœur des Cercles, « ils sont loin d’être restés figés dans les années 40 », d’après Linda Ménard.

Le but est de transmettre le patrimoine, mais aussi de l’enrichir. « En tissage par exemple, on partage les techniques traditionnelles, mais aussi les nouvelles. » Les fermières ont également su profiter du numérique, à la fois pour compléter leurs connaissances, mais aussi pour faire connaître leur monde.

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