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Questions et réponses avec… Charles Cantin, l’instinct de défense dans les veines.

Le 11 mars 2022 — Modifié à 14 h 43 min le 11 mars 2022
Par Marie-Ève Lavallée

Dans chaque édition du Réveil, nous vous proposons une entrevue avec une personnalité. L’idée est d’aller un peu plus loin de ce que l’on connaît de l’image de la personne. Cette semaine, maître Charles Cantin, pour qui le sens de la justice est intrinsèquement lié à sa personnalité.

 

Tu es reconnu pour ta ferveur à la défense qui t’a permis de plaider avec succès de nombreuses causes devant toutes les juridictions, de la cour municipale à la cour Supérieure. D’où te vient cet intérêt pour la défense?

Du plus loin que je puisse reculer, j’ai toujours été à la défense des autres. À la petite école, je voulais tout le temps défendre les plus mal pris, les personnes vivant avec un handicap, les cancres et ceux qui en avaient le plus besoin. Je me souviens qu’à l’époque, il y avait une personne noire et elle était stigmatisée…

J’ai toujours argumenté contre ceux qui voulaient écraser les plus faibles. Petite anecdote. Je me rappelle, en quatrième année du primaire, que le professeur nous avait demandé ce qu’on voulait faire dans la vie. J’avais répondu immédiatement avocat. Donc, ça fait très longtemps que j’ai l’instinct de défense.

J’en suis à ma 30e année de pratique et j’ai toujours la passion du métier!

C’est certain que j’ai moins de patience et moins d’énergie qu’à mes débuts. C’est une question d’âge, alors je fais moins de volume. En début de carrière, je pouvais faire une trentaine de clients dans la même journée! Tranquillement, on cède notre place aux plus jeunes qui ont beaucoup d’énergie et de talent.

 

En dehors du droit criminel, qu’est-ce qui stimule Charles Cantin?

Les voyages. J’aime beaucoup voyager. J’ai fait 90 pays jusqu’à maintenant. Je suis allé partout! Je pratique la plongée et je suis un adepte de randonnées en montagnes également. J’ai plongé dans toutes les mers! Aux Philippines, en Égypte, aux îles Maldives et j’en passe. J’ai même monté l’Elbrouz en Russie, un mont de 5 640 mètres, le plus haut sommet d’Europe. La liste est longue… Il m’est difficile de nommer un seul endroit qui m’a marqué. J’ai fait l’ascension du Kilimandjaro en Afrique et aussi l’Aconcagua en Argentine.

J’aime l’eau. La mer exerce une forme d’attraction sur moi. On ne sait pas exactement comment ça va se passer sous l’eau. C’est l’inconnu. En voyage, on développe comme une seconde perception des choses. Pour moi, c’est réellement un exutoire le voyage. C’est ma façon de décompresser, voire de dépressuriser.

 

Dans le cadre de ton métier, tu défends différents individus dont certains ont commis des crimes graves. Quel regard portes-tu sur la nature humaine?

Ce que je trouve passionnant de mon métier, c’est de découvrir les gens. Puis à travers tous les individus que j’ai représentés, il y a une bonne palette de personnages. Toutefois, il y a toujours du positif à l’intérieur de tout un chacun, et ce, même à travers le pire des criminels.

Et s’il y a une croyance au cœur de ma pratique, c’est bien celle en la justice. Si tu commets un vol à l’étalage et que la couronne demande de la prison bien j’ose espérer que la défense va rétablir la situation en allant chercher une amende ou des travaux communautaires. C’est toujours  de trouver ce qui est juste à travers le crime commis ou à travers la situation. Encore là, il n’y a pas toujours un crime commis.

J’ai au-dessus de 1 000 procès de faits dans ma carrière et j’ai dû en acquitter autour de 600. Donc, il y a des gens qui étaient manifestement non coupables. Il faut voir où la preuve va nous conduire et c’est très souvent vers des acquittements. L’avocat de la défense à un rôle un peu de protection dans un sens en tentant de faire ressurgir le bon côté d’un individu.

Encore aujourd’hui, ce qui me stimule, c’est la recherche de la justice. Aussi, aider les gens qui en ont toujours besoin. Souvent, le pire des criminels, c’est celui qui a le plus besoin d’un avocat. Les gens qui sont très bien constitués et intelligents ont peut-être moins besoin d’un avocat que des personnes plus démunies. Certains sont analphabètes, d'autres ont des problèmes de consommation et/ou de santé mentale, sont perdus ou sont bourrés de carences affectives. C’est ça qui nous amène à vouloir vivre pour rétablir la justice.

 

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