Le centre de ski Le Valinouët, situé à Saint-David-de-Falardeau, a été condamné par la Cour du Québec à verser 12 430 $ au père d’une jeune planchiste à la suite d’un accident survenu en décembre 2023.
La décision, rendue le 5 mai dernier par la Division des petites créances, conclut à la responsabilité de la station dans une chute qui a causé une fracture du coude à l’enfant, rapporte Radio-Canada.
Un an après les faits, le père avait intenté des recours judiciaires contre l’établissement, soutenant qu’une faute commise par un employé était à l’origine de l’accident. Le Valinouët contestait la demande, affirmant que son personnel est adéquatement formé et évoquant plutôt l’hypothèse que les vêtements portés par l’enfant avaient causés ses blessures.
Le tribunal n’a toutefois pas retenu cette version, donnant raison au demandeur sur toute la ligne.
Une première montée qui tourne mal
L’incident est survenu lors d’une journée de ski familiale. Après quelques descentes dans la pente-école, le père et son enfant ont décidé d’emprunter une remontée mécanique de type T-bar. Il s’agissait de la première expérience de l’enfant avec un téléski double.
Cependant, tout se complique à l’approche du débarcadère. À environ quinze mètres du sommet, le père constate que l’employé en poste s’est absenté, quittant momentanément sa position pour aller récupérer une bouteille d’eau.
Au moment de débarquer, l’homme réussit à se dégager normalement, mais l’enfant n’est pas en mesure de glisser correctement vers l’aire de sortie. En l’absence du poids du père sur la barre, la structure de la remontée se rétracte, soulevant la jeune planchiste du sol.
Bien que l’employé se rende compte de la situation, il ne peut intervenir immédiatement. L’arrêt complet du mécanisme nécessite en effet un délai de deux à quatre secondes, pendant lesquelles la remontée continue d’avancer sur une distance pouvant atteindre environ trois mètres.
Durant ce laps de temps, l’enfant est suspendue à près de deux mètres de hauteur. Avant que le système pneumatique de la barre ne puisse se relâcher de façon contrôlée, elle chute lourdement au sol.
Les patrouilleurs de la station interviennent rapidement, immobilisent la victime sur une civière et la transportent à l’aide d’une motoneige. Toutefois, aucune ambulance n’est appelée. Les employés recommandent plutôt au père de conduire lui-même son enfant à l’urgence de l’hôpital de Chicoutimi.
Fait notable relevé dans le dossier : aucun rapport d’incident n’a été rédigé par l’employé au moment des faits.
Des blessures sans séquelles permanentes
L’accident a causé à l’enfant une fracture du coude. Si elle ne conserve aucune séquelle physique permanente, l’événement a été décrit comme traumatisant. La jeune planchiste a également dû subir une chirurgie esthétique afin de corriger une cicatrice au coude droit.