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La chronique Coup de gueule

Une autoroute jamais achevée

Le 18 juin 2026 — Modifié à 13 h 14 min le 16 juin 2026
Par Richard Banford

Au début de l’année 1980, quand toute la province se moquait de la plus petite autoroute de Saguenay, entre Chicoutimi et… Chicoutimi, personne ne croyait que ces railleries prédisaient un achèvement sans fin pour cette voie reliant les deux sous-régions. Aujourd’hui, les travaux annoncés en 2022 pour le tronçon de la route 70 vers Grande-Anse à La Baie ne sont toujours pas menés à terme. Ceux du corridor d’Alma vers le nord du Lac-Saint-Jean demeurent virtuels.

Une étude d’impact vient d’être déposée concernant la 70. Les résultats seront remis au prochain ministre de l’Environnement, qu’on ne connaîtra qu’une fois que le nouveau gouvernement sera élu, en octobre prochain.

Décision politique

Le ministre responsable de la région, Éric Girard, député de Lac-Saint-Jean-Est, peut toujours se féliciter du dépôt de cette étude, il n’en demeure pas moins que rien ne garantit que le tronçon de contournement d’Alma pourra se compléter de sitôt. La mairesse d’Alma, Mme Sylvie Beaumont, a raison de s’en inquiéter, elle qui travaillait le dossier de concert avec l’ex-ministre Andrée Laforest.

Hormis M. Girard, personne ne peut prédire l’issue de la prochaine élection provinciale et encore moins connaître le nom du prochain ministre responsable du MELCCFP.

Diviser pour régner

Ce dossier a connu, au départ, dans les années 80, une mésentente entre les tenants d’un tracé sud et ceux d’un tracé nord. Or, pour le politicien, cette division au sein d’une région offre l’occasion de remettre à plus tard des investissements qu’on estime politiquement plus judicieux d’effectuer dans des projets où baigne la concertation.

Rappelons qu’à la suite du sommet économique régional de 1985, la réalisation de la route Alma–La Baie a été désignée comme la priorité des élus régionaux. Or, l’idée d’une route à quatre voies dans la réserve faunique des Laurentides continuait de se dresser en priorité à Saguenay.

Un regroupement initié par le conseiller municipal de Jonquière, Raymond Gagnon, et la conseillère municipale Marina Larouche, alignait aussi les deux députés fédéraux de Jonquière et de Chicoutimi, Jean-Pierre Blackburn et André Harvey.

Malgré la conclusion du sommet qui favorisait Alma–La Baie, cet affrontement régional allait favoriser le Saguenay où l’idée d’une route à quatre voies dans le Parc jouissait de

l’unanimité. En outre, c’est là que réside la majorité de la population de la région. La force du nombre l’emporterait.

Prochaine étape

De plus, la 175, qu’on estimait en 1989 à 375 millions $, en a coûté quatre fois plus. Ce qui n’a pas passé inaperçu aux yeux des circonscriptions de la Métropole et même de celles de la Capitale-Nationale. À partir de là, les demandes de subventions pour les travaux routiers au Saguenay–Lac-Saint-Jean seront analysées sous un angle nouveau.

Il aura fallu l’élection de cinq députés de la CAQ du côté du pouvoir, dont une ministre des Affaires municipales, pour ouvrir d’autres chantiers sur la 70. Mais la démission de Mme Laforest a changé la donne et a freiné tout le processus. La conclusion de cette saga de la route Alma–La Baie devra encore attendre.

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